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18 mai 2005

L’Algérie, dans les faits, poursuit de ramer à contre-courant de ce qui s’accomplit comme évolutions de par le monde en matière des libertés de la presse et d’expression. La dépénalisation du délit de presse, réalité tangible ailleurs, reste loin d’intégrer, ici, ne serait-ce que le périphérique de la conviction officielle. Pis, la coercition est outrancièrement renforcée à l’encontre des journalistes et des entreprises de presse.

En témoignent les réquisitoires et les verdicts rendus dans des affaires relevant du délit de presse, le dernier verdict en date étant celui prononcé hier à l’encontre du directeur de la publication du Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, et du chroniqueur Hakim Laâlam. Ils sont condamnés l’un et l’autre, pour un écrit jugé diffamatoire, à deux (02) mois de prison ferme. La peine dément, si besoin est, le discours des officiels qui s’innocentent, la tribune offerte, se harceler les journalistes et les médias. Le fait est là. Têtu : en Algérie, des journalistes sont condamnés à la prison pour avoir écrit. La volonté liberticide chez le pouvoir s’affiche au grand jour. Un pouvoir qui, désormais, se passe de prétextes autres pour ergastuler des journalistes, comme ce fut le cas pour le directeur du Matin, Mohamed Benchicou. Nul besoin de «bon prétexte», pour paraphraser l’autre, le pouvoir ne s’en cache plus : tu écris, donc tu es passible de prison. D’aucuns l’auront déjà compris. Mais faudra-t-il, pour autant, tressaillir devant le risque de commettre un délit d’écriture et cesser de pratiquer le métier ? Le Soir d’Algérie, qui a fait le choix de ne pas souscrire à la normalisation médiatique ambiante, poursuivra d’être un journal du peuple, celui dont les colonnes resteront ouvertes à la société qui n’en finit pas de gémir. Le billot ne lui fera jamais trahir sa mission : celle d’informer. Plaire au fort du moment n’est pas sa vocation. Ce n’est d’ailleurs point la vocation du journalisme.