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19 mai 2005

Le Soir d’Algérie : Le directeur de la publication du quotidien algérien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, et le chroniqueur Hakim Laâlam, et auparavant d’autres journalistes d’autres titres, ont été condamnés pour délit de presse à des peines d’emprisonnement ferme. Quelle réaction cette situation vous suggère-t-elle ?

Robert Ménard : Une réaction d’indignation. Nous avons le sentiment que la situation de la liberté de la presse ne fait que se dégrader en Algérie. Chaque semaine, de nouveaux journalistes sont condamnés à une lourde amende ou à une peine de prison. Cette situation ne peut plus durer. Les autorités et le chef de l’Etat en premier lieu doivent faire quelque chose pour mettre un terme à cette série répressive.

L. S. : Votre organisation, engagée pour les libertés de la presse et d’expression dans le monde, prévoit-elle d’entreprendre des actions de soutien aux journalistes et la presse algérienne ?

R. M. : Chaque fois qu’un journaliste est condamné à une peine de prison ferme, nous rappelons au gouvernement algérien que ce pays a ratifié des traités internationaux protégeant la liberté de la presse. Et chaque fois, nous rappelons que même les Nations unies ont demandé à tous les gouvernements du monde de ne plus condamner des journalistes à des peines de prison ferme en cas de diffamation, d’outrage ou d’autres délits de presse. Nous souhaitons également pouvoir nous rendre en Algérie au plus vite afin de dialoguer avec les autorités à ce sujet. Nous attendons leur accord.

L. S. : De quelle manière votre organisation compte-t-elle agir en faveur de la dépénalisation du délit de presse dans des pays comme l’Algérie ?

R. M. : Plusieurs pays africains ont dépénalisé les délits de presse en 2004. Même la Côte d’Ivoire, qui traverse une période de crise sans précédent, vient d’adopter une nouvelle loi sur la presse qui inclut de telles dispositions. L’Algérie doit faire un pas dans cette direction. Il n’est pas imaginable que ce pays si moderne à bien des égards fasse preuve d’immobilisme dès qu’il s’agit de libéraliser la presse.