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15 février 2006
Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Me Khaled Bourayou, un des avocats de notre publication, revient sur la condamnation de Fouad Boughanem, pour diffamation, par la cour d’appel d’Oran, à un an de prison avec sursis.
Le Soir Algérie : Quelle est votre appréciation
sur le jugement rendu par la cour d’Oran ?
Khaled Bourayou : Je tiens d’abord à préciser
qu’une information erronée n’est pas constitutive de diffamation, tant
que l’élément moral, c'est-à- dire l’intention, n’est pas
prouvé, et qui se traduit par la volonté de nuire à la
considération et l’honneur d’autrui. Cela dit, j’avoue avoir peur quand
je vois une décision condamnant Fouad Boughanem à un an de prison
avec sursis alors que la loi ne prévoit que six mois fermes tout au plus.
Sur quels articles s’est appuyée la cour d’Oran pour décider d’une
telle peine ?
L. S. : Sur lesquels vous appuyez-vous pour soutenir le contraire
?
K. B. : Sur les articles 296 et 298 du code pénal
! Je ne sais sur quels artifices et sur la base de quels textes on a condamné
Fouad Boughanem à un an de prison. Bien que nul n’est censé ignorer
la loi, je peux accepter qu’un citoyen l’ignore, mais quand il s’agit d’une
cour, qui de surcroît est censée réexaminer les faits et
contrôler l’application de la loi, je ne comprends plus ! Ce qui vient
de se passer est très grave !
L. S. : C'est-à-dire ?
K. B. : Dans cette affaire, le plus grave est que
le plaignant a déposé une plainte contre Le Soir d’Algérieet
Fouad Boughanem pour information erronée. Il confirme sa plainte en insistant
sur les faits erronés. En première instance, Fouad Boughanem est
condamné pour diffamation à un an de prison ferme par défaut.
Il n’avait reçu aucune convocation. Plus grave, Fouad Boughanem absent
est mis présent. Le directeur de la publication fait appel. Cette juridiction,
c'est-à-dire la cour d’Oran, commue la peine prononcée par le
tribunal d’Oran. Une année ferme se transforme en une année avec
sursis. Le juge est censé appliquer la loi ! Quelle loi a été
appliquée dans le cas qui nous concerne ? Je me le demande.
L. S. : Comment interprétez-vous cette décision
injustifiée et sans fondement de la cour d’Oran ?
K. B. : Par une interrogation ! Est-ce que la cour
s’est précipitée à rendre sa décision ? Je n’arrive
pas à concevoir qu’un juge ne connaisse pas la loi d’autant plus que
nous sommes devant une cour. La question qui m’interpelle c’est que le journaliste
porte en lui les germes de sa culpabilité ! La preuve en est donnée
à tous les procès pour diffamation des journalistes.
