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02 mars 2006

Le lauréat du prix Benchicou de la Plume libre 2005 a été condamné à la prison ferme. La cour d’Alger a confirmé hier le verdict prononcé la semaine dernière par le procureur de la cour d’Alger qui examinait en appel le procès pour outrage au président de la République, intenté par le ministère public, au chroniqueur Hakim Laâlam et à Fouad Boughanem. Ce dernier a été relaxé, par contre, Hakim Laâlam a été condamné à six mois de prison ferme.

Le verdict a été prononcé hier dans cette affaire dont les faits remontent au 21 août 2003, date à laquelle a été publiée une chronique de Hakim Laâlam intitulée “La fessée” au journal Liberté, par solidarité avec Le Soir d’Algérie alors sous le coup d’une suspension. Une suspension mal acceptée par l’opinion nationale et internationale qui y voyait là une menace sur la liberté d’expression et de la presse. C’est ce contexte que Hakim Laâlam voulait rappeler au président de la cour avant de répondre à ses questions. Le chroniqueur du Soir d’Algérie a tenté d’expliquer aux magistrats, malheureusement sans succès, que la chronique n’est autre qu’“une manière de voir l’information différemment, pour amener dans un journal ce plus qui détend un lecteur qui en a bien besoin après plus de dix ans de tension et de souffrances”. La demande du procureur de la République qui était «offusqué» par la manière dont est traité le chef de l’Etat, de la confirmation de la peine de Hakim Laâlam de six mois de prison avec sursis en six mois ferme et 250 000 DA d’amende, a été acceptée. La même peine demandée pour Fouad Boughanem, relaxé en première instance, a été, par contre rejetée et M. Fouad Boughanem a bénéficié d’une relaxe prononcée déjà, en janvier 2005 par le tribunal de Sidi-M’hamed. Par ce fait, les différents acteurs de la presse indépendante ont manifesté hier leur indignation face à cette condamnation qui illustre bien la volonté de réprimer la liberté d’expression en Algérie, car une fois encore, le pouvoir persiste à utiliser le dispositif judiciaire pour faire taire des voix libres.

 

LA PRESSE UNE FOIS DE PLUS SCANDALISEE