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18 mai 2005
Le tribunal de Sidi-M'hamed a prononcé, hier, une condamnation de deux mois de prison ferme et 250 000 DA d’amende à l’encontre du directeur du quotidien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, et du chroniqueur au sein de la même publication, Hakim Laâlam, pour offense au président de la République.
Dans un communiqué, rendu public hier, le journal
considère que “cette lourde condamnation pour délit de presse,
vient confirmer la volonté du pouvoir de réprimer lourdement la
liberté de la presse et d’expression en Algérie et ce, au moment
même où l’opinion publique nationale et internationale se mobilise
pour exiger la libération de Mohamed Benchicou, le directeur du Matin,
incarcéré depuis près d’un an”. La même instance
judiciaire a prononcé, hier, les verdicts dans trois affaires pour diffamation
qui mettent en cause le quotidien El Khabar. Dans la première affaire,
qui oppose le journal à l’ancien directeur de l’AADL, Kamel Maïche,
Ali Djerri, le directeur de la publication, a été acquitté.
Dans la seconde affaire, M. Djerri et la journaliste Saïda Azzouz ont été
condamnés à des amendes de 20 000 DA chacun, à la suite
d’une plainte de M. Lekhlef, le directeur de la compagnie aérienne Ecoair,
aujourd’hui dissoute. Dans le troisième dossier lié toujours à
la diffamation, le tribunal a condamné Ali Djerri et la journaliste Samiha
Kadri à des amendes respectives de 10 000 et 50 000 DA. La journaliste,
rappelons-le, ne s’était pas présentée devant le tribunal
et a donc été condamnée par défaut.
Par ailleurs, la Fédération internationale des journalistes a
dénoncé aujourd’hui les verdicts du tribunal d’Alger condamnant
le directeur du quotidien Le Soir d’Algérie, M. Fouad Boughanem, et le
chroniqueur du journal, M. Hakim Laâlam à deux mois de prison ferme
pour “offense au président de république”.
“la justice algérienne affiche une nouvelle fois sa compromission avec
les autorités” a déclaré Aidan White, secrétaire
général de la FIJ. “Ces vagues de condamnations systématiques
et hebdomadaires rappellent, comme le ressac, la déliquescence de l’état
de droit en Algérie”.
