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15 février 2006
La cour d’Oran a rendu avant-hier, le 13 février 2005, son arrêt dans le procès en appel opposant le directeur de la publication du Soir d’Algérie , Fouad Boughanem, au directeur de la SGP Ouest. L’arrêt rendu, le second après celui du 8 février dernier, condamne M. Boughanem à une année de prison avec sursis assortie d’une amende de 500 000 dinars.
Poursuivi
pour, selon l’ordonnance de renvoi du juge instructeur, la publication d’une
information erronée, suite à une plainte déposée
par le directeur de la Société de gestion des participations (SGP)
Ouest, le directeur de la publication du Soir d’Algérie a été
condamné par défaut, en première instance, le 19 octobre
2004, à une année de prison ferme et à une amende de 500
000 dinars. Au moment du procès, il est utile de le rappeler, le directeur
de la publication du Soir d’Algérie comparaissait en instruction devant
une autre juridiction, celle d’Alger en l’occurrence. En dépit de ce
fait, le tribunal d’Oran, qui a jugé l’affaire en première instance,
consigne dans la copie du jugement rendu que la peine a été prononcée
en présence du prévenu. La défense introduit un appel en
même temps qu’une procédure pour rectification. La cour d’Oran
qui a eu à juger l’appel a, à travers un premier arrêt rendu
le 8 février 2005, confirmé le jugement par défaut. Dans
un second arrêt rendu le 13 février, elle reconsidère la
peine d’emprisonnement, prononçant une condamnation à une année
de prison avec sursis mais maintient telle quelle l’amende, soit 500 000 dinars.
Pour la défense, la condamnation ainsi prononcée a la singularité
d’être plus lourde que ce que la loi prévoit pour pareil cas. Les
articles 296 et 298 du code pénal prévoient, souligne la défense,
six mois de prison ferme comme peine maximale. La plainte de la SGP Ouest a
été motivée, notons-le, par une information parue dans
la rubrique “Periscoop” au moment de la campagne électorale pour la présidentielle
de 2004. le “Periscoop” a rapporté en effet que la SGP Ouest a, à
travers une note, instruit les travailleurs des entreprises PMA et ENIE de sortir
pour accueillir le président, alors en campagne pour un second mandat.
Cependant, il s’est avéré que les deux entreprises ne dépendent
pas de la SGP Ouest à laquelle, par erreur, a été attribuée
la note en question. On est plutôt dans un cas d’information inexacte
et non dans un cas de diffamation. La direction de la SGP Ouest n’ a pas commis
de mise au point. Ce qui aurait permis la rectification de “l’information erronée”.
“L’exercice d’un droit de réponse aurait suffi à corriger l’information”,
estime le directeur de la publication du Soir d’Algérie qui, par ailleurs,
est poursuivi dans plus d’une dizaine d’autres affaires toutes relevant du “délit
de presse”. Le harcèlement judiciaire à l’encontre de la presse
se poursuit, davantage accentué depuis le début de l’année
en cours où, outre les lourdes condamnations prononcées, trois
journalistes ont été jetés en prison. Ils sont donc, avec
le directeur du Matin, Mohamed Benchicou, quatre confrères à croupir
en prison. Benchicou, rappelons- le, l’est depuis le 14 juin 2004. Il a été
condamné à 2 années de prison ferme. Le correspondant d’
El Khabar à Saïda, Larabi purge lui une peine d’un mois d’emprisonnement.
Les deux directeurs des publications Errissala et Iqraa, interpellés
il y a une semaine, sont toujours maintenus en détention préventive.
