
Brahim Tazaghart: «Tamazight est sur la bonne voie» Les conditions de production de la littérature kabyle Premier regroupement des enseignants du primaire Tamazight officiellement codifiée à Ontario

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07 décembre 2005
Un regroupement des enseignants de la langue
amazighe de la wilaya de Béjaïa a été abrité
par le lycée d’Ihadadden les 4 et 5 du mois courant. L’objectif est de
rechercher le meilleur moyen possible d’enseigner tamazight à des apprenants
de la quatrième année primaire dans les conditions actuelles.
Aussi, sous la houlette des deux inspecteurs de tamazight, MM. Bellil et Beldjoudi
en l’occurrence, ces encadreurs ont, dans un premier temps, abordé la
problématique de l’enseignement au primaire, dans sa globalité,
sur les plans pédagogique et didactique, pour ensuite tenter de situer
l’enseignement de tamazight sachant que celle-ci est la langue maternelle de
l’élève.
Le programme de l’enseignement de la langue de Mammeri à la quatrième
année primaire et la méthodologie de projets, en vogue à
l’école algérienne, ont été explicités. Pour
exploiter à souhait ces renseignements théoriques,
M. Ikhloufi, enseignant de tamazight, a tenu à présenter pour
sa part, une unité didactique modèle. En outre, une certaine terminologie
usitée à l’école primaire est arrêtée et une
brochure contenant toutes les orientations a été distribuée
aux enseignents pour leur permettre d’accorder un tant soit peu leurs
violons.
Enfin, toutes les communications ont été suivies de débats,
parfois contradictoires vu que l’expérience est inédite et qu’elle
fait face à moult problèmes.
«Nous sommes livrés à nous-mêmes»
Les enseignants de tamazight du primaire
n’ont pu contenir leur colère lors de leur regroupement pour dénoncer
les multiples obstacles d’ordre pédagogique et professionnel auxquels
ils sont confrontés. Outre le manuel qui “est en totale inadéquation
avec le niveau des élèves de 4 AP”, certains directeurs d’écoles
primaires n’ont pas facilité la mission à ces enseignants. Ces
responsables, par paresse et par mépris, refusent de refaire les emplois
du temps afin de tenir compte de l’enseignement de tamazight. Aussi, le cours
de tamazight est souvent dispensé aux dernières heures de la journée,
en dehors des heures habituelles de l’élève. Quelques-uns de ces
enseignants exercent dans quatre écoles, avec un nombre d’élèves
de plus de 200, d’où la difficulté de suivi et dévaluation.
Il y a encore des chefs d’établissements qui sont allés jusqu’à
endosser la responsabilité du retard effectué par l’administration.
A entendre les protestations des uns et des autres, on saisirait tout le marasme
dans lequel se débattent ces enseignants qui se disent livrés
à eux-mêmes !
A cet effet, ils comptent réactiver leur association et lancent un appel
pressant à tous les concernés pour se mobiliser autour de cette
idée.
Enfin, les responsables de l’éducation qui n’ont de cesse d’afficher
leur volonté pour régler tous ces problèmes, réagiront-ils
pour soulager ces enseignants ? Ils ont besoin d’actes et non de discours ou
de promesses en l’air.