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Ferhat
M’henni, chanteur engagé et porte-parole du MAK,
a été l’hôte de la coordination
locale des arouch de Seddouk avant-hier en fin d’après-midi
pour animer une conférence-débat dans
le cadre de la célébration du double anniversaire
du Printemps amazigh et du Printemps noir sous le thème
“Deux générations, un même combat”.
Dans une salle
des fêtes de la commune qui s’est avérée
trop exiguë pour contenir toute la foule venue
écouter la figure de proue du Mouvement culturel
berbère des années 1980 et que Kateb Yacine
surnommait à l’époque le maquisard de
la chanson, Ferhat M’henni, visiblement très
ému devant tant de chaleur humaine que lui a
réservé la population de Seddouk, a, d’emblée,
tenu à rendre un vibrant hommage aux animateurs
locaux du mouvement citoyen pour, dit-il, lui avoir
fait “honneur et la fraternité” à travers
cette invitation pour “marcher sur les pas de l’illustre
personnage historique de 1871, en l’occurrence Cheikh
Aheddad”. Après un bref historique de Tafsut
imazighen de 1980 et du Printemps noir et faisant le
parallèle entre ces deux dates-phares dans le
combat identitaire et la démocratie, le conférencier
a soutenu que ces deux événements majeurs
dans le combat démocratique “issus l’un de l’autre
comme Eve et Adam ne sont en vérité qu’un
même processus qui marque l’émergence plus
prononcée du peuple kabyle à travers son
histoire”. Dans son intervention, le porte-parole du
MAK a estimé que la génération
du Printemps noir n’a rien à envier en termes
“de sacrifice et de générosité
à leurs aînés d’avril 1980”. Mieux
encore, poursuivra le conférencier, “la génération
de 1980 a été rattrapée par les
comportements et les réflexes qu’elle dénonçait
naguère chez ses aînés durant la
lutte de Libération nationale, à savoir
aller à la soupe du pouvoir en contrepartie des
sacrifices consentis à une époque ou à
une période de leur vie”. Ferhat M’henni n’y
est pas allé avec le dos de la cuillère
pour fustiger la génération 1980 en affirmant
que “leur héroïsme d’hier ne peut en aucun
cas légitimer la trahison d’aujourd’hui et je
n’en veux pour preuve la cuvée des législatives
prochaines”, souligne-t-il encore. S’adressant à
une foule visiblement acquise à sa cause, l’orateur
a lancé un appel pour que le double anniversaire
des deux printemps 1980 et 2001 soit placé sous
“le signe de l’autonomie régionale de la Kabylie”.
Le conférencier a ensuite invité l’ensemble
du mouvement associatif, les différents acteurs
du monde syndical, économique et politique à
engager une réflexion “individuellement ou collectivement
en vue de la construction d’un pôle de résistance
pacifique de la Kabylie” avant d’appeler les citoyens
à se “mobiliser” pour la réussite de la
marche de commémoration de ce double anniversaire
programmée ce jeudi à partir de 11h à
Tizi- Ouzou. Les débats ont tourné ensuite
autour notamment de son projet d’autonomie régionale
de la Kabylie, l’année d’“Alger capitale de la
culture arabe” et les prochaines législatives
que son mouvement, selon Ferhat M’henni, “rejette”.
“Notre mouvement n’est nullement concerné par
les prochaines joutes électorales”, tranche à
ce sujet le porte-parole du MAK tout en fustigeant la
politique de réconciliation nationale prônée
par Bouteflika. Parlant des marches de soutien à
la paix de Bouteflika organisées à travers
le territoire national, tout en condamnant fermement
le terrorisme et les attentats sanglants perpétrés
par les hordes islamistes dans la capitale, le conférencier
a estimé qu’elles (les marches) “servent tout
au contraire d’encouragement au terrorisme car on ne
peut en même temps se dire pour une lutte antiterroriste
et prôner une réconciliation avec les mêmes
auteurs et les commanditaires de cette violence”, conclut
le conférencier. Par ailleurs, Ferhat M’henni
a également animé dans la soirée
de mardi une rencontre-débat au niveau du campus
universitaire d’Aboudaou devant plusieurs centaines
d’étudiants sous le même thème dans
le cadre de la célébration du double anniversaire
de Tafsut Imazighen et le Printemps noir 2001.
Imposante
marche des lycéens contre l'oubli et pour tamazight
à Sidi-Aïch
Plusieurs centaines
de lycéens de Sidi-Aïch ont marché
dans la matinée d’hier à l’appel de la
coordination des lycées de la daïra dans
le cadre de la commémoration du double anniversaire
du Printemps amazigh 80 et des événements
tragiques d’avril 2001 sous le mot d’ordre “Non à
l’oubli et pour l’officialisation de tamazight”. Prenant
le départ du lycée de jeunes filles, les
manifestants ont fait un peu plus d’un kilomètre
en empruntant la route de la gare, le nouveau pont,
la principale rue longeant le commissariat avant de
rejoindre le point de l’entame de la marche en reprenant
à tue-tête des slogans hostiles à
la réconciliation nationale de Bouteflika, contre
le terrorisme et en faveur de la satisfaction de la
revendication de l’officialisation de la langue amazighe.
Dans une ambiance colorée, les lycéens
n’ont pas cessé de fustiger le pouvoir en place
en scandant : “Pouvoir assassin !”, “Bouteflika, Ouyahia,
Houkouma irhabia !”, “Ulac smah ulac” et “Djazaïr
houra démocratia !” Devant le commissariat de
la ville de Sidi-Aïch, les marcheurs ont observé
une halte en reprenant les mêmes slogans de dénonciation
du pouvoir et pour la démocratie. Les manifestants
ont repris ensuite leur marche avant de se disperser
dans le calme.
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2005
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