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 20 avril 2006

Si sur le plan purement politique, la question berbère ne pose plus problème, sur  le plan culturel, la situation demeure loin d’être reluisante.

La question amazighe a avancé politiquement,  mais culturement les choses ont presque stagné. Sur le plan politique, le président de la République et après avoir affirmé une première fois, que tamazight ne pouvait devenir langue nationale qu’après référendum, dans un meeting à la salle Tazrout de Tizi Ouzou devant un parterre de notables et d’hommes locaux du système, se rétracte et accorde enfin ce statut à la première langue d’Algérie. La décision du Président passe au vote à l’APN. Tous les députés votent oui pour “Tamazight langue nationale”, en 2002 sauf ceux du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) et FFS( Front des Forces Socialistes). Le revirement dans la position du président fait suite aux évènements du Printemps noir qui ont enregistré des dizaines de morts. Avant cette constutionnalisation qui stipule que tamazight “est également langue nationale”, les langue et culture berbères figuraient timidement dans le préambule de la Constitution après l’année du boycott scolaire, en 1994/1995. Suite à cette année de grève du cartable, qui s’était terminée en queue de poisson à cause des luttes intestines et d’intérêts personnels inter-kabyles des négociations avaient eu lieu entre le MCB que dirigeait à l’époque, l’actuel directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, El Hadi Ould Ali et Ahmed Ouyahia qui était en avril 1995 conseiller du président Liamine Zeroual. Le dialogue a abouti à un accord qualifié d’historique par le MCB-coordination nationale. La décision la plus importante est l’introduction de la langue amazighe dans le système éducatif à partir de l’année scolaire qui a suivit, c’est-à-dire 1995/1996. En septembre 1995, tamazight rentre dans les écoles algériennes dans des conditions qui étaient loin d’être favorables. Mais cette décision était d’abord et avant tout politique.
Tout ce qui était technique et pédagogique devait être réglé progressivement. Au départ, l’enseignement avait été lancé dans 16 wilayas. Onze ans plus tard, il a pratiquement disparu dans plus d’une dizaine. Ce n’est qu’en Kabylie que tamazight est enseigné normalement. Dans les autres régions du pays, il n’y a pas de demandes sociales, disent les responsable du ministère de l’Education nationale.
Toujours suite aux accords du 22 avril 1995, le président a créé par décret, publié dans le Journal officiel, le Haut commissariat à l’amazighité (HCA). Les prérogatives de cette institution sont vagues. Après plusieurs années d’hibernation, l’institution recrute de jeunes universitaires dynamiques. Ces jeunes tentent de travailler. Le cadre leur est hostile mais ils ont des convictions et parfois des oreilles attentives, comme c’est le cas du ministère de la Culture, à sa tête Khalida Toumi. Ce département leur prête main-forte dans l’organisation du festival national du film amazih mais aussi et surtout dans l’édition de dizaines de livres en langue amazighe. Le HCA organise aussi annuellement le Salon du livre amazigh et a à son actif, plusieurs colloques sur l’histoire et sur l’enseignement de tamazight. Le HCA est sans président depuis plus d’une année, rappelons que cette institution est directement rattachée à la présidence de la République et ne travaille jamais avec l’INALCO, contrairement à l’IRCAM marocain, pour des raisons qui n’ont jamais été rendues publiques. Le HCA édite Timuzgha, une revue mensuelle qui jusqu’à un passé récent n’ouvrait ses colonnes qu’à des militants d’un parti politique, avec lequel le secrétaire général du HCA a de larges affinités.
En juin 1995, la Télévision algérienne diffuse le 1er journal télévisé en tamazight, une action qui figure dans les accords du 22 avril.
Depuis la constitionnalisation de tamazight comme langue nationale, il a été annoncé le lancement d’une chaîne de télévision en berbère qui diffuserait six heures par jour. Pour des raisons inconnues, la chaîne ne voit pas le jou, bien qu’un directeur ait été désigné et des programmes réalisés. Un centre national d’aménagement linguistique pour l’enseignement de tamazight a été créé. Son directeur est le Dr Abderezak Dourari. Ce centre qui dispose de locaux à Alger, est toujours inopérationnel, car le Dr Dourari a fait une proposition pour changer ses statuts. Ce centre a toutefois, organisé quelques journées, d’études avec des spécialistes.
En Algérie, il existe deux départements de langue et culture amazighs, l’un à l’université de Béjaïa et l’autre à Tizi Ouzou. Un autre centre pour la formation supérieure d’enseignants en tamazight a été ouvert à Ben Aknoun mais les étudiants ne se bousculent pas devant son portail.