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 20 avril 2006

Le 20 avril de chaque année, Lounès Matoub animait un spetacle géant au niveau du stade Oukil-Ramdane, après avoir marché avec les milliers de Kabyles pour revendiquer l’officialisation de sa langue maternelle. Jamais Matoub n’a failli à ce rendez-vous historique. Même en 1995 après son kidnapping, Matoub rentrera spécialement de France, bravant les terroristes et les menaces et animera un spectacle au stade de Tizi, devant des dizaines de milliers de ses fans qui scandaient en chśur “Matoub !”.

Pourquoi cet attachement à cette symbolique ? Matoub, dès la sortie de son premier album à l’âge de 20 ans a donné le ton. Au moment où des artistes de sa génération ou bien plus âgés que lui, chantaient les larmes laissées par le départ de la bien-aimée, Matoub clamait déjà, en défiant le régime du parti unique et de ses despotes : “Ma nani yid sanda it lahud, as ninigh nek damazigh” (Si on m’interrogeait sur mon chemin, je leur dirais : je suis un Berbère). Matoub est courageux, voire prématuré politiquement. Comment il a pu prendre conscience des problèmes politiques et de celui très particulier de l’identité resté un mystère que seule sa grandeur a pu percer. Matoub Lounès est le seul chanteur à évoquer les événements du Printempps berbère dans le feu de l’action en composant plusieurs textes osés dont le plus connu est “Yehzen el Oued Aïssi”. Oued Aïssi est l’endroit où est implantée la cité universitaire où fut donné l’assaut des militaires après l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri. Matoub décrit dans ce texte, avec l’exactitude du poète blessé, les épisodes du Printemps, la peur qui y a régné, la réaction des étudiants en terminant avec une note d’espoir : “Tamazight atsenarni, nehwadj tileli, uqbel agh mdelen allen” Tamazight s’épanouira, nous avons besoin de liberté, avant que la mort ne nous happe. Dans une autre chanson du même album, Matoub s’en prend à l’armée de l’époque qui était selon lui, à l’origine de la malédiction qui frappait le pays : “Ed larmi its yetchan” (c’est l’armée qui l’a ruiné). Matoub soulève par ailleurs le problème religieux car à l’époque déjà, des “frères musulmans” moralisateurs commençaient à investir la société algérienne. “Selaâvits ayabahri” est un poème d’espoir. Quand Matoub le chantait dans les stades, l’ambiance devenait explosive. Dans cet album, le Rebelle présageait des lendemain meilleurs mais avertissait qu’il ne fallait jamais oublier ses origines : “A yemma mi rebbit, mayen kar lasel, zlut”. Cet album, composé de huit chansons avait été censuré en 1981. Seuls quatre chansons étaient autorisées en Algérie.