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20 avril 2006
Béjaïa vit, depuis samedi passé, au rythme des festivités commémoratives du 26e anniversaire du Printemps amazigh et de l’an cinq de la révolte de Kabylie. Conférences-débats, meetings, expositions sont autant d’activités observées ici et là à travers plusieurs localités de la wilaya pour la circonstance à l’initiative du mouvement associatif.
A la Maison de la culture de Béjaïa, ce sont des portes
ouvertes sur le livre amazigh qui sont organisées du 15 au 20 avril par
le collectif des auteurs amazighs visant à faire de ce 26e anniversaire
du printemps berbère “un moment de richesse, de pluralité et non
pas un moment d’exclusion et d’anathème politique”. Divers thèmes,
liés à la littérature amazighe et à son développement,
seront abordés tout au long de cette semaine culturelle par des universitaires,
des auteurs et des chercheurs. La manifestation culturelle a été
inaugurée dans l’après-midi de samedi passé par une rencontre
poétique intitulée Echanges. Elle a regroupé trois auteurs
intervenant dans trois langues différentes : Rabia Djalti, poétesse
en arabe et enseignante à l’université d’Alger, Lezhari Lebtar
en langue française, et Brahim Tazaghart en tamazigh. Le secrétaire
général du HCA, Youcef Merahi, a animé de son côté,
dans l’après-midi de dimanche, une conférence sous le thème
“L’enseignement de tamazight : bilan et perspectives”. “La problématique
de l’édition du livre amazigh” sera aussi le sujet central d’une table
ronde prévue pour la journée de lundi avec la participation des
auteurs, des éditeurs, des librairies et des journalistes. Les élus
locaux, les responsables au niveau de l’éducation, de la culture, et
de l’université auront également à débattre autour
du sujet lié aux institutions élues et administratives et au développement
du livre amazigh. D’autres thèmes ayant trait à la problématique
de l’écriture et la diffusion de la néo-littérature kabyle,
la problématique de la traduction seront aussi traités par le
Dr Chemakh de l’université de Tizi Ouzou et le Dr Kamel Bouamara, enseignant
à l’université de Béjaïa, à l’issue de ces
portes ouvertes sur le livre amazigh, dont la clôture est programmée
pour vendredi par une conférence de Yahia Bellil, inspecteur de langue
amazigh et une représentation théâtrale de la troupe Numidia
d’Oran. L’association féminine Rachda de Béjaïa a décidé,
cette année, de commémorer le 20 avril à travers un hommage
rendu au juriste consult Abderrahmane El Oughlissi dans la municipalité
de Tinebdar (Sidi Aïch). L’association féminine, proche de Khalida
Messaoudi, a choisi la célébration de la journée de Youm
el Ilm pour donner le coup de starter des festivités commémoratives
du double anniversaire du Printemps berbère et des évènements
tragiques d’avril 2001 par l’annonce de la naissance de la fondation Abderrahmane-El
Oughlissi. Un concours de dessin, des exhibitions de karaté, un cross
féminin et une exposition constituent l’essentiel des activités
mises sur pied par ladite association dans le cadre de ce 20 avril. Toujours
à Sidi Aïch, à l’initiative du groupe Gehimab de l’université
de Béjaïa, une conférence retraçant le passé
de la région de Sidi Aïch a été animée conjointement
par le Dr Djamil Aïssani, professeur à l’université de Béjaïa,
et une sociologue allemande Judith Schelle, auteur d’une thèse de doctorat
sur la Kabylie. Des témoignages s’appuyant sur un livre Monographie de
Sidi Aïch, écrit en 1906 par un ancien instituteur de la localité,
en l’occurrence Maurice Veller, ont permis à l’assistance nombreuse dans
la salle des fêtes Youcef- Abdjaoui de s’informer, un tant soit peu, de
l’histoire de leur ville depuis 1889. Des photos de la ville datant du 19e siècle
ont été également exposées pour la circonstance.