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18 avril 2006
Saïd Sadi continue à
plaider le dépassement des conflits et autres divisions qui minent les
énergies démocratiques. Le leader du RCD, qui était hier
l’invité des étudiants de l’Université de Béjaïa
comme acteur important des événements d’avril 1980, trouve dans
la substance du printemps berbère de quoi puiser des messages et des
enseignements pour des générations de militants.
A commencer donc par celui de dépasser les clivages
quand les enjeux appellent la mobilisation. « Les militants d’avril
1980 avaient leurs différentes tendances et options politiques, mais
cela n’a pas empêché la mobilisation et la solidarité »,
a noté M.Sadi pour qui « la pluralité des opinions
ne veut pas dire conflits ». Le rétablissement du débat
politique serein est d’autant plus crucial actuellement, laissera entendre M. Sadi,
que « le pays se prépare à connaître des échéances
politiques importantes », dont la nature n’autorise pas les erreurs
du passé, encore moins les « agressions des politicards ».
« Il y aura place à une reconfiguration politique. Le pays
aura des institutions à la mesure de son histoire et de sa géographie ! »
martèla M.Sadi, convaincu. Il convoque à ce titre l’exemple de
l’organisation en wilayas durant la guerre de libération, pour une nouvelle
fois plaider une décentralisation de la décision politique et
administrative en fonction des réalités propres au pays. Sur un
autre plan, le conférencier salue le combat d’avril 1980 comme celui
qui a inventé le concept de la lutte pacifique et efficace. « Si
nous étions tombés dans la violence, témoigne-t-il, la
population ne nous aurait jamais suivis », témoigne M. Sadi
qui estime, par ailleurs, que la Kabylie, « locomotive politique
du pays », est ciblée par un plan de déstabilisation
que les militants ont le devoir de déjouer. Le conférencier en
veut pour preuve, les attaques successives contre les symboles et les repères
de la région. La charte pour la paix et la réconciliation nationale
est une « faute grave », stigmatise par ailleurs M. Sadi
qui y voit carrément « un abandon de souveraineté »
par l’Etat. « Qu’est-ce qui empêche le terroriste de venir
reconnaître son crime et s’en repentir en public ? Qu’est-ce qui
empêche le policier ou le militaire auteur de dépassements ou de
bavure de venir également le reconnaître et de s’en repentir ?
Jamais l’Etat n’a fait l’économie du travail de mémoire et de
vérité avant de tourner des pages aussi douloureuses »,
avertit en substance M. Sadi, qui cite en exemple les cas sud-africains
et marocains. Enfin, M. Sadi appelle à la préservation des
canaux d’expression dans la société, à l’exemple des associations,
des syndicats et de la presse ; des canaux mis sous pression assidue et
sans lesquels le pouvoir pourra demain imposer la dictature de la voix unique
et son « choix délibéré d’archaïsme régressif ».