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22 avril 2006
Le noyau de militants qui a donné naissance le 14 avril dernier à « la déclaration de Tifrit » s’est retrouvé jeudi dernier à Akbou pour signer sa première action de rue.
Plus qu’une épreuve de rue, la marche qui a drainé
quelques centaines de manifestants devait permettre de clarifier les contours
de cette initiative à laquelle prennent part des ex-animateurs du mouvement
citoyen, qui s’en revendiquent encore, des militants en rupture de ban avec
leurs partis, dont Haddad Nacer, ancien cadre du FFS, et autres intellectuels
dont l’écrivain Younès Adli. Dans ce regroupement, une seule structure
partisane : le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) que représente
Ferhat M’henni et dont l’ombre a plané sur la marche. « Nous
sommes ici chacun avec son identité politique mais autour d’un seul objectif :
la fin du jacobinisme », devait préciser M. Ferhat, lors
d’un point de presse, pour qui la conjoncture actuelle invite à ne pas
s’attarder sur les concepts de fédéralisme, régionalisation
ou autonomie, l’essentiel étant la « refondation de l’Etat
national en dehors de la conception uniciste et centralisée ».
La manifestation était une occasion pour crier haro sur l’alliance « stratégique
entre les tenants du système et l’arabo-islamisme » et c’est
à ce propos que le leader du MAK voit en la charte pour la paix et la
réconciliation nationale « un complot contre la Kabylie ».
Autant d’indicateurs au rouge, selon les signataires de la déclaration,
pour justifier l’urgence d’un regroupement des forces démocratiques et
enclencher une dynamique unitaire. Le document rédigé à
Tifrit est ainsi défini comme le point de départ d’une « étape
historique » et que ses initiateurs élèvent au même
degré d’importance que la déclaration de la Soummam et de la plateforme
d’El Kseur en ce sens qu’il prétend relancer un processus de démocratisation.
En faisant le deuil de ceux qui « croient encore aux chimères »,
allusion aux animateurs dialoguistes des archs dont les contacts ont été
soldés par un échec, le groupe nourrit l’espoir de « ratisser
large » et de cristalliser le projet dans le cadre d’une prochaine
conférence régionale dont la date n’est pas encore fixée.