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 13 avril 2006

L’ouverture, hier, du colloque international organisé par l’université de Tizi-Ouzou sur la vie et l’œuvre de l’écrivain et anthropologue, Mouloud Mammeri, à l’occasion de la commémoration de la date symbolique du 20 Avril 1980, a suscité la colère des étudiants. La grogne de ces derniers vise les autorités rectorales qu’ils accusent de vouloir “détourner la mémoire de Mouloud Mammeri.”

Après un rassemblement organisé sur l’esplanade de la bibliothèque de l’université, plusieurs centaines d’étudiants ont fait irruption dans l’amphithéâtre où se déroulaient les travaux du colloque, portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : “Pour la liberté d’expression, non au détournement de la mémoire de Mammeri...” qui sont, entre autres, les slogans qui expriment les raisons du mécontentement des étudiants. Dans un tract distribué à l’ensemble des présents et aux participants au colloque, les protestataires n’ont pas lésiné sur les mots pour brocarder ceux qui “veulent tuer une deuxième fois Mouloud Mammeri.” Plus explicite, le document ajoute “après avoir honoré Ben Bella, les voilà, déterrant notre Mammeri, pour soi-disant, organiser un colloque sur sa vie et son œuvre, pour sûrement se déculpabiliser de l’avoir interdit d’accès un certain 20 avril 1980”, est-il écrit, en conclusion, sur le tract des étudiants. Pour ceux qui assimilent : “Ce colloque est une mascarade”, Cela dit, un représentant des étudiants ne manquera pas de prendre la parole pour souhaiter, au nom de ses camarades, la bienvenue aux enseignants invités au colloque à qui il expliquera les raisons de “notre protestation pacifique qui est dirigée contre le recteur qui nous a interdit d’organiser un colloque sur Mammeri.” Notons qu’à côté de ces incidents, des communications ont été données lors de la première journée de la rencontre. A. Sayad, de l’université de Metz, a parlé du penseur et de l’intellectuel aux multiples facettes qu’était La colline oubliée, un homme “qui a intégré des horizons de pensée dissemblables, tout en restant soi-même”, dira l’universitaire qui a mis l’accent sur l’engagement scientifique (anthropologie), littéraire et politique de Mammeri qui “était bérbérisant et qui avait une activité militante au sein du FLN combattant.” Ce dernier thème sera abordé par O. A. Aider parlera autour d’une interview vidéo inédite de l’auteur, révélant un aspect peu connu de l’engagement intellectuel de Mammeri.