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22 avril 2006
Les arouch ont eu du mal à rassembler quelques centaines de personnes, moins d’un millier, au rassemblement qu’ils ont tenu au niveau du carrefour du Djurdjura, baptisé place des Martyrs du Printemps noir et à la marche de ce dernier lieu vers la place Matoub-Lounès, face aux sièges de la Sûreté de wilaya et de la cour de justice.
Ni le recours à l’image de Matoub Lounès imprimée
sur une très grande banderole carrée réclamant la vérité
sur son assassinat, proclamant par ailleurs, que sans tamazight il n’y aura...
point de suspension qui ressemble à une menace qui en dit long sur les
intentions des organisateurs, ni la diffusion interrompue de son répertoire
à partir de 9h du matin n’a servi d’attraction au grand public habituel
du double anniversaire du 20-Avril et du Printemps noir 2001. Faute de foule
des grands rendez-vous, le rassemblement prévu à 10h s’est prolongé
jusqu’à 11h et le télescopage avec la marche opposée de
la coordination locale des étudiants, parvenue sur les lieux, a été
évité de justesse. B. Abrika, qui n’a pas pour habitude d’être
court dans ses interventions, a sûrement pressenti le danger, il venait
juste de prononcer quelques mots de remerciements aux présents, d’appeler
à la fraternité et à l’union lorsqu’à la vue de
la marche opposée ralentie par la police, il invita ses partisans à
le suivre vers la sortie ouest de la ville pour déposer une gerbe de
fleurs au niveau de la place Matoub-Lounès. Sage décision qui
mit fin à l’impatience des premiers rangs de la marche opposée
regroupant un conglomérat de tendances hostiles aux arouch dialoguistes
menaçant, d’après certains observateurs, d’en découdre
avec leurs adversaires accusés d’avoir retardé leur rassemblement
exprès après lui avoir changé de lieu dans le but de brouiller
les cartes, indiquent encore les mêmes sources. Le rassemblement qui devait
se dérouler à la place Matoub, à la sortie ouest de la
ville, a été transféré au carrefour du Djurdjura,
place des Martyrs du Printemps noir, situé au milieu de l’itinéraire
de la marche initiée par les étudiants à laquelle sont
venus se joindre entre autres les militants du RCD et du MCB tendance Lounaouci.
Les mauvaises langues affirment que l’appel de B. Abrika à l’union et
à la fraternité, qui est venu rectifier le discours virulent de
Mustapha Mazouzi à l’égard des partis qualifiés de menteurs
et de saisonniers de tamazight..., n’est pas étranger à la faiblesse
du rassemblement et à l’arrivée de la marche venant de l’université.
En tout état de cause, Abrika, qui n’a pas dit grand-chose ni au niveau
du carrefour du Djurdjura ni à la place Matoub-Lounès ne paraissait
pas dans sa forme des grands jours. Il est juste revenu sur la signification
du double anniversaire d’Avril 80 et 2001, demandé que tamazight ait
la place qui lui revient de droit, que la plate-forme d’El-Kseur soit appliquée
avant de conclure, dans la précipitation, par l’appel à la fraternité
et à l’union. M. Mazouzi, en revanche, promet la fermeture des lieux
de débauche, la mise à nu de la mafia du foncier et la conclusion,
le 25 de ce mois, de l’accord définitif avec le pouvoir, avec, soit l’application
des engagements pris par son représentant soit en prenant acte du contraire.
Il n’hésite pas à promettre des surprises affirmant qu’avec “ce
pouvoir qui a donné l’impossible tout est possible”. Il n’a pas omis
de brocarder “les politicards qui réclament le retour de la gendarmerie
et bloquent la défiscalisation des commerçants au lieu de faciliter
son application”. Les organisateurs affichent, par contre, une large satisfaction
devant “le succès du mot d’ordre de grève générale”
totalement suivi à Tizi- Ouzou, Tizi-Rached, Azazga, Béni-Douala
et même Draâ Ben Khedda, ajoute un délégué.
A la fin de leur manifestation, certains délégués n’ont
pas pu dissimuler leur dépit en affirmant que le RCD s’est abrité
derrière les étudiants pour cacher son échec. Les organisateurs
ont, par ailleurs, marqué un point au cours des préparatifs par
l’exposition en contre-bas de la grande mosquée où figuraient
de nombreuses affiches de Mohamed Benchicou, un affichage massif appelant à
la grève générale et aux cérémonies de commémoration
et, enfin, la confection d’une véritable fresque artistique sur une grande
banderole portant les photos des martyrs du Printemps noir sur les quatre côtés
et au centre le portrait de Matoub à côté du drapeau national
entouré de quelques slogans réclamant la vérité
sur l’assassinat de Matoub et l’officialisation de tamazight.