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19 avril 2006
Délégués des archs, mais aussi
des lycéens et citoyens ont fait le déplacement à Agouni-Arous
pour se recueillir sur la tombe du jeune "Moumouh". À la différence
de l'année dernière, aucun officiel n'était présent.
Comme le veut la tradition qui s’est installée en Kabylie depuis
cinq ans, les délégués du mouvement citoyen de Kabylie,
accompagnés de nombreux citoyens et lycéens, ont pris, hier, le
chemin sinueux et escarpé du village Agouni Arous, dans la région
de Béni Douala, pour commémorer le 5e anniversaire de l’assassinat
du jeune Guermah Massinissa, le 18 avril 2001, par des gendarmes à l’intérieur
même de leur brigade à Béni Douala.
Plusieurs délégations de Béjaïa, Bouira, Alger, Constantine,
Batna, Mila et Sétif sont venues également prendre part à
cette cérémonie commémorative qui est, faut-il le noter,
loin d’avoir la même ampleur et importance que celle de l’année
2005, en cette même date du 18 avril lorsque le Chef du gouvernement,
Ahmed Ouyahia, s’est recueilli à la mémoire de Massinissa aux
côtés des délégués des archs et entouré
d’une foule très nombreuse. La cérémonie d’hier s’est déroulée,
pour ainsi dire, loin des officiels.
La seule présence qui a attiré, cette année, l’attention
des présents, c’est plutôt la présence du délégué
Ali Gherbi, venu à la tête d’une forte délégation
du Comité d’El-Kseur pour déposer une gerbe de fleurs et se retirer
dans le calme après avoir crié “Pouvoir assassin”. Après
le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs sur la tombe du jeune
Guermah, première victime des douloureux évènements de
Kabylie, les délégués des archs se sont succédé
au micro pour rappeler et évoquer, chacun à sa manière,
les tragiques évènements de Kabylie, la situation actuelle du
mouvement citoyen et le dialogue entamé il y a plus d’une année
avec le Chef du gouvernement. Intervenant en premier, Khaled Guermah, le père
de Massinissa, s’est focalisé sur l’indispensable union et fraternité
pour l’aboutissement du combat démocratique et la consécration
de l’idéal pour lequel sont tombées les victimes du Printemps
noir. “Cessons de nous unir et réunir pour enterrer nos enfants, unissons-nous
plutôt pour faire avancer le projet démocratique en Algérie”,
abondera dans le même sens le délégué de Sétif.
Le délégué de Béjaïa, Bezza Benmansour a, quant
à lui, surtout insisté sur la nécessité d’accorder
une grande importance aux repères identitaires car, estime-t-il, “l’obscurantisme
est le refuge des sans-repères”.
Après un bref aperçu sur l’évolution, qu’il considère
positive, du combat identitaire depuis l’Indépendance, Bélaïd
Abrika, porte-parole de la délégation chargée des négociations
avec le représentant de l’État, reviendra lors de son intervention
sur les acquis arrachés par le mouvement citoyen, tels que la reconnaissance
de l’État de sa responsabilité dans les tragiques évènements
de Kabylie et la réparation due aux victimes, mais tout en soulignant
que “le combat pour l’identité n’est pas achevé tant que la langue
amazigh n’est pas encore officielle, et les gendarmes qui ont assassiné
les 126 jeunes de la région ne sont pas jugés par des tribunaux
civils”. Par ailleurs, livrant son appréciation du bilan du dialogue,
Abrika dira : “Nous ne sommes pas satisfaits, et nous restons toujours vigilants
et ce, jusqu’à l’application entière de la plate-forme d’El-Kseur.”
Pour conclure, Bélaïd Abrika dira que “notre combat ne doit pas
être seulement celui de la Kabylie, mais celui de toute l’Algérie,
car nos revendications, à savoir la liberté, l’indépendance
de la justice, le développement… concernent tous les Algériens”.
Enfin, il est à noter qu’une plaque commémorative a été
inaugurée sur le lieu même où a été assassiné
le jeune Guermah Massinissa le 18 avril 2001.