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 20 avril 2006

Contrairement aux années précédentes, la mobilisation citoyenne n’a pas été au rendez-vous hier lors de la manifestation des arouch à Sidi-Aïch à l’occasion de ce double anniversaire des deux Printemps noir 2001 et berbère 1980. En effet, environ deux cents, personnes seulement ont répondu hier à l’appel lancé par la coordination locale des arouch pour commémorer le double anniversaire du Printemps noir et l’an V des tragiques événements d’avril 2001 à travers une marche populaire au niveau du chef-lieu de la daïra de Sidi-Aïch.

“Pouvoir assassin !” “Da l’Mouloud mazalagh d’imazighènes” et “Ulac smah ulac” sont entre autres les slogans scandés par les manifestants tout au long du parcours de la marche qui s’est ébranlée à 10h30 de la place Mohamed-Boudiaf vers la place publique jouxtant la salle Youcef-Abdjaoui où un meeting a été animé par des animateurs des arouch et certains acteurs du mouvement associatif berbère. Sur les lieux du rassemblement, après avoir observé une minute de silence à la mémoire des martyrs du Printemps noir et de la démocratie, une stèle à l’effigie de Mouloud Mammeri a été inauguré en hommage à ce pionnier de la revendication identitaire. Brahiti Malek, maire élu sur une liste d’indépendants à la tête de la municipalité qui a rejoint le RND sera le premier à prendre la parole pour rendre un vibrant hommage à Mouloud Mammeri, l’écrivain et l’homme de culture. “Un repère historique dans le combat en faveur de l’amazighité”, témoigne le maire de Sidi- Aïch, avant de s’engager à œuvrer en tant que premier magistrat de la commune à la “réhabilitation” de la salle des fêtes Youcef-Abdjaoui et en faire un “carrefour culturel dans la région”. Lui succédant, Bezza Benmansour, l’un des animateurs des arouch et membre de la délégation de l’interwilayas en pourparlers avec la chefferie du gouvernement axera son intervention sur la nécessité d’accorder une plus grande importance aux repères identitaires pour faire barrage à “l’obscurantisme qui est le refuge des sans-repères”, martèle-t-il avec force. Le délégué de l’interwilayas dira que l’hommage à Mouloud Mammeri vise aussi à perpétuer le souvenir de cette date repère du 20 Avril 1980 dans l’histoire de la lutte pour la démocratie et l’amazighité dans la région. Dalila Aoudj de l’association Rachda proche de Khalida Messaoudi, Chérif Souami, membre du HCA et Abdenour Abdeslam, un farouche défenseur de l’autonomie de la Kabylie ont rendu également à leur tour un vibrant hommage à Mouloud Mammeri pour sa clairvoyance, son intégrité morale et intellectuelle dans le combat amazigh. Ould Ali Hadi, directeur de la Maison de la culture de Tizi- Ouzou qualifiera la combat citoyen né des tragiques événements de Kabylie de 2001 de “suite logique du combat des années menée depuis le Printemps berbère”. Intervenant à son tour, Farès Oudjedi défendra de son côté l’option du dialogue décidé par ses pairs. “Tout conflit finit par connaître un dénouement à travers le dialogue”, indique à ce sujet le délégué de l’Akfadou. A signaler qu’Ali Khadaoui, un ancien membre de l’Institut royal amazigh du Maroc, était également présent à la manifestation des arouch de Sidi-Aïch. Une imposante exposition constituée de coupures de presse et de photos des victimes et des blessés rappelant l’horreur des sanglants événements du Printemps noir a été organisée durant toute la journée de ce mercredi par la coordination des arouch. Dans l’après-midi de la même journée d’hier, Abdenour Abdeslam est longuement revenu lors d’une conférence-débat animée à la salle Youcef-Abdjaoui sur le long parcours militant de l’écrivain Mouloud Mammeri et son combat pour la citoyenneté et l’amazighité. Par ailleurs, plusieurs manifestations de rue sont programmées pour aujourd’hui à Béjaïa et à Akbou pour célébrer ces deux dates symboles dans le combat identitaire et la démocratie en Algérie. A Akbou, un groupe de militants amazigh, dont le porte-parole du MAK, Ferhat M’henni et certains délégués du mouvement citoyen ont appelé les citoyens à une marche pour la refondation nationale. La marche s’ébranlera à partir du 11 heures du lycée Haroune-Mohamed avec les mots d’ordre : “Une nouvelle approche politique consensuelle et unitaire, la refondation de l’Etat national en dehors de la conception uniciste et centralisée, la reconnaissance officielle de la langue et la culture berbère, le respect des libertés démocratiques et le droit à la vérité et à la justice.”