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29 avril 2006
“Ni mon mari ni mon fils ne sont morts pour un quelconque délit. Ils sont morts contre la hogra et pour la démocratie. Impossible de regarder ces tenues bleues. Cela me rappelle de trop mauvais souvenirs”.
A l’appel de l’Association “Tarwa N’krim Belkacem”, la population d’Ath Yahia Moussa et notamment celle d’Iaâllalen, village natal de Hocine Chaïbet, assassiné le 28 avril 2001 par la Garde communale, a rendu un vibrant hommage au martyr du Printemps noir. Hier, une marche silencieuse s’est tenue, partant du domicile des Chaïbet jusqu’au cimetière où repose Hocine, ravi à la fleur de l’âge. Après le rituel du dépôt de gerbes de fleurs sur sa tombe et la lecture de la Fatiha, plusieurs personnes ont été invitées à prendre la parole. Après le président de l’APC de la localité, Na H’lima, la mère de feu Hocine, a émis un témoignage des plus poignants. “Je ne pardonnerai jamais aux éléments de la Garde communale qui m’ont ravi deux êtres chers : mon mari et quelques années après, mon fils Hocine. Ni mon mari ni mon fils ne sont morts pour un quelconque délit. Ils sont morts contre la hogra et pour la démocratie. Impossible de regarder ces tenues bleues. Cela me rappelle de trop mauvais souvenirs”. Et après avoir lancé des youyous, Na H’lima a ajouté : “Vive la liberté. Vive la démocratie. J’appelle tous les jeunes à poursuivre le combat de Hocine et de tous ceux qui sont tombés durant les évènements du Printemps noir”. Le président de l’Association “Tighri” est intervenu en disant que Hocine n’est pas mort, mais a été assassiné ! “En tout cas, il vivra éternellement car sa génération se rappellera toujours de lui”, a-t-il enchaîné. Dans le même village, le président de l’association “Les Amis de Krim-Belkacem”, a exhorté les jeunes à faire du combat du martyr le leur. Une deuxième cérémonie s’est déroulée au pied de la stèle érigée en sa mémoire au chef-lieu. Après une minute de silence, le président de l’Association “Tarwa N’Krim Belkacem” a vivement remercié tous ceux qui ont honoré de leur présence ce cinquième anniversaire, en estimant que le sixième sera célébré par tous les villages de la commune. En marge de cette cérémonie, nous nous sommes rapprochés de son frère, Chaïbet Amar. “Nous attendons toujours le jugement des assassins. Jusqu’au jour d’aujourd'hui, la justice n’a rien fait. Au moment où l’impunité est accordé aux terroristes, les victimes du Printemps noir sont oubliées. D’ailleurs, j’ai fait appel auprès de la Cour Suprême. Aucune réponse ne m’a été donnée”, nous a-t-il confié. Si la présence des jeunes a été remarquable, il n’en demeure pas moins que les personnes âgées sont sensibles, elles aussi, à cet évènement. C’est le cas de Hadj Amar lequel, en dépit de son âge avancé est venu assister à la commémoration, tout en ayant une pieuse pensée pour le martyr.