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20 avril 2006
Beaucoup de ces jeunes sont morts
héroïquement en scandant, et en entamant des chants de Matoub. La
génération de 1980 est celle qui s’est inspirée de
Mouloud Mammeri et de tous les acteurs de l’identité de l’époque.
Mais la génération de 2001, c’est celle de Matoub, sans aucune
équivoque.
Dacu mak n’Sussem
Dacu mak negugem
Dacu d saba buyagh
Arac n tmanyen feclen
Kgi idyesnkaren
Helken tawla lemhiba
C’est en ces termes que Matoub Lounès fustigeait le génération
d’après 1980, dans un album qu’il a signé en été
1988.
“Ah ! Si Matoub est là, il verrait certainement que la génération
de 1980 n’est pas comme il l’appréhendait, et qu’elle n’a rien à
envier à leurs grands frères qui se sont révoltés
il y’a 20 ans”, nous disait Mohamed, en plein cœur des événements
enclenchés durant le Printemps noir de la Kabylie.
Matoub, en chantant cette chanson voulait certainement créer l’effet
contraire, chez la nouvelle génération menacée par l’oubli
et le relâchement pour l’identité et la démocratie.
Beaucoup de ces jeunes sont morts héroïquement en scandant,
et en entamant des chants de Matoub.
La génération de 1980 est celle qui s’est inspirée
de Mouloud Mammeri et de tous les acteurs de l’identité de l’époque.
Mais la génération de 2001, c’est celle de Matoub, sans aucune
équivoque.
C’est la révolte et le soulèvement tant rêvés par
Matoub qui ont pris forme et qui ont explosé à la figure du pouvoir
et qui ont éberlué le pays tout entier.
La génération de 1980 a eu le mérite d’avoir secoué
la chappe de plomb qui a damné le pays depuis l’indépendance.
La génération de 2001 a fait sauter en l’air tous les verrous
de la hogra, à la notion de “la citoyenneté”, les évènements
de 2001 sont directement le prolongement de ceux de juin 1998 lors de l’assassinat
de Matoub. A l’époque, la révolte a été vite étouffée
dans l’œuf par des acteurs que tout le monde connaît.
Ce calme précaire n’a été qu’un leurre. l’assassinat de
Guermah Massinissa, n’a été qu’une provocation de trop pour régler
le compte, suite à l’assassinat et le porte-drapeau d’une révolte
d’un peuple plusieurs fois millénaire que des circonstances injustes
menaçaient de disparition.
124 victimes, en grande majorité des jeunes, ont donné leur vie
pour que vive notre identité, notre liberté et pour que naisse
la notion de la citoyenneté. Elle est la génération qui
s’est manifestée héroïquement. Elle est le produit pur, né
de la philosophie visionnaire et incontestable de cet homme hors pair, comparable
à un Jugurtha un Juba ou à un Massinissa, disparition dont sa
mission est de donner vie et renaissance à un peuple millénaire
méprisé et menacé de disparition. Son passage a créé
un séisme qui dépasse nos frontières. Il a légué
un héritage impérissable, et un nouveau souffle à Tamazgha.
Avant de mourir dans les feux de l’action, Matoub a accompli sa mission et a
donné naissance à des milliers d’autres Matoub, qui jurent de
maintenir le cap et de révolutionner les temps.