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 13 avril 2006

Quel est l’impact de l’article 3 bis de a Constitution sur tamazight ? Que signifie concrètement “tamazight est également langue nationale” ? Enfin qu’en est-il de l’autre volet de la revendication “tamazight langue officielle”, autant de questionnements que des linguistes, juristes et spécialistes de la question berbère ont tenté de répondre, à l’occasion des journées sur “La question de tamazight dans la Constitution et les institutions algériennes”, qui ont lieu mercredi et jeudi à la maison de la culture de Tizi-Ouzou.

La valorisation de tamazight reste tributaire des prolongements au plan politique du dispositif juridique. Si tout le monde admet que le statut de langue nationale reconnu à cette langue est une “avancée des plus importantes dans la quête de légitimité”, il reste que son enseignement demeure au stade du “provisoire”. Pis, il a connu une régression flagrante depuis 1995. A l’heure actuelle, l’enseignement de tamazight se fait avec une approche “artisanale”. “Beaucoup d’associations continuent d’enseigner tamazight avec des moyens dérisoires et dont la volonté constitue l’unique capital”, constate le président du MCB, M. Ould Ali. Depuis les événements de Kabylie, le ministère de l’Education nationale a décidé la généralisation de l’enseignement obligatoire de tamazight dans tous les établissements scolaires, non sans rencontrer sur le terrain une multitude de problèmes liés à la mentalité rigide de l’école algérienne. Le président du MCB lors de sa communication sur “L’évolution de l’enseignement de tamazight en Kabylie”, suggère que la décision de généraliser cet enseignement doit “s’accompagner de la mobilisation des moyens humains et financiers. Des enseignants n’ont pas reçu leurs salaires depuis plus d’une année”. Saïd Chemakh, pour sa part, s’est interrogé sur la possibilité d’aménager le tamazight. “Comme les structures et relations syntaxiques sont assez stables pour l’ensemble du berbère, la planification linguistique corpus et plus précisément l’aménagement touchera au lexique et à la notation de la langue.” Cette normalisation, selon l’orateur, est “souvent faite pour répondre à des besoins de l’enseignement”.