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18 avril 2006
Cinq ans après l’assassinat du jeune Massinissa Guermah et les émeutes sanglantes qui s’en étaient suivies, la Kabylie dans son ensemble connaît aujourd’hui de nouvelles tensions.
Meurtres, agressions, vols et cambriolages sont le quotidien
de la population. En 2001 comme en 2006, la gendarmerie occupe le centre des
débats. La revendication des archs de juger les gendarmes, auteurs des
assassinats, n’est pas satisfaite, fait-on remarquer. La demande de leur départ
s’est traduite par la délocalisation de 14 brigades à Tizi Ouzou
et plusieurs autres à Béjaïa. Les engagements des pouvoirs
publics d’installer des commissariats de police dans les 21 daïras de Tizi
Ouzou ne sont pas suivis d’effet. De nombreuses localités sont démunies
du moindre corps de sécurité et l’inquiétude va grandissante.
Certaines voix revendiquent le retour des gendarmes. A l’APW, on en fait une
préoccupation aussi. Moh Saïd Métari, élu FLN à
l’assemblée, dira : « Je ne suis pas habilité
à me prononcer sur le retour des gendarmes. Notre parti ne s’est pas
prononcé sur la question. Mais on va tenir une session extraordinaire
pour débattre la situation d’insécurité. Et c’est aux spécialistes
en questions sécuritaires de décider quel corps renforcer pour
sécuriser les biens et les personnes. » La même prudence
est exprimée par les élus RCD. Mohamed Ikherbane dira, lui aussi :
« Le problème d’insécurité est notre souci majeur
car il est lié au développement. Mais nous avons une structure
politique, et c’est à elle de se prononcer sur le rappel ou non des gendarmes.
Nous sommes un groupe d’opposition, c’est au FLN, RND et FFS impliqués
dans la gestion de prendre leurs responsabilités. » Malgré
la situation pesante d’insécurité, les élus adoptent une
position attentiste quant à la revendication du redéploiement
des gendarmes. Salem Boudjema, élu FFS, affirme : « Les
élus ne sont que des militants du parti. Ils ne peuvent pas se prononcer
sur ce type de questions. En tous cas, nous n’avons ni demandé le départ
des gendarmes ni ne demandons leur retour. » Au RND, la position
est encore plus ambiguë. Mokrane Slacel déclare : « Il
faudrait prendre attache avec le responsable de la communication à l’APW.
Lui seul peut se prononcer sur le sujet. » Les membres de l’assemblée,
élus par leurs concitoyens pour défendre leurs intérêts,
hésitent à se prononcer sur un sujet trop sensible à leur
avis. La position la plus franche est celle des archs. Lors du dernier conclave,
les délégués ont récusé « le retour
du corps de la gendarmerie en Kabylie, auquel font appel certaines voix suspectes.
(Il) est à mettre sur le compte de manœuvres machiavéliques enrobées
dans des alibis d’insécurité préfabriquée et amplifiée
à coups de reportages médiatiques commandés sur mesure ».
Etonnante appréciation des archs de la situation d’insécurité,
une invention des journalistes à leurs yeux. Tout aussi singulière
est l’attitude des élus, toutes tendances politiques confondues, qui
tanguent entre la défense des institutions républicaines et la
revendication du jugement des assassins.