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 22 avril 2006

Dans le cadre des festivités du 20 Avril 1980, le FFS de Bouira a organisé, hier, à la salle Errich une conférence-débat animée par plusieurs secrétaires nationaux du parti, à l’image du Dr Kameleddine Fekhar, secrétaire national chargé de l’anticipation politique, Mohamed Djelmani, chargé des droits de l’homme et Djamel Bahloul, chargé à la jeunesse, ainsi que Dalila Taleb, membre du conseil national.

Avant de passer la parole aux invités du jour, le fédéral FFS de Bouira, Messaoudi Belkacem a tenu à se solidariser avec les correspondants et autres journalistes et dénoncer les harcèlements judiciaires dont font l’objet les hommes, les professionnels de la presse en rappelant un principe inaliénable du FFS concernant sa lutte continue pour la liberté de la presse et d’expression. Pour sa part, Djamel Bahloul, qui prit la part du lion dans le temps des interventions, brossera un tableau des peu reluisants, de la situation politique et sociéconomique du pays, en rappelant que le combat de la génération d’avril 1980, combat qui fut la suite logique de leurs aînés, notamment ceux de 1963, les militants du FFS qui avaient refusé le fait accompli qui fut imposé par les tenants du pouvoir de l’époque après une longue nuit coloniale. Ainsi, pour la portée politique du 20 Avril 1980, ses initiateurs, dira Bahloul, avaient bien situé les enjeux en réclamant la démocratie, le respect des droits de l’Homme et la reconnaissance de tamazight langue nationale et officielle. Le secrétaire national à la jeunesse n’a omis aucun épisode des bouleversements survenus sur la scène politique nationale surtout depuis l’ouverture démocratique après 1988. Il rappellera les grandes mobilisations populaires faites à l’appel du leader du FFS notamment la marche historique du 2 janvier 1992 ainsi que celle du MCB le 25 janvier 1990. “Des haltes historiques qui auraient pu marquer la dissidence citoyenne et vaincre le système qui règne en maître absolu depuis 1962 et qui tient toujours en otage le peuple en lui refusant son droit d’avoir les droits, son droit d’aspirer à une vie meilleure”. De son côté, le Dr Fekhar qui se félicitera de sa présence en Kabylie pour célébrer le 20 Avril, une date qu’il souhaite voir inscrite comme journée chômée et payée afin qu’elle soit fêtée à l’échelle nationale pour que, partout en Algérie, le message d’Avril 1980 soit compris et assumé par tous. Le Dr Fekhar rappelle que le pouvoir fait tout pour que les revendications démocratiques et légitimes du peuple algérien soient confinées dans la seule Kabylie. Plus directe, Dalila Taleb fustigera le pouvoir qui avait diabolisé le contrat de Rome, initié par le leader du FFS Hocine Aït Ahmed avec plusieurs autres figures emblématiques de l’opposition algérienne afin d’arrêter l’effusion de sang, et qui accouche dix ans plus tard d’une loi unilatérale et qui invite le peuple algérien à oublier tout ce qui s’est passé. Et la conférencière de rappeler ce qui s’est passé en Afrique du Sud et l’installation du comité national baptisé vérité et justice, où, dira-telle, le bourreau se met en face de sa victime, reconnaît son tort et demande des excuses. Ensuite, la justice statuera sur son cas. Chose qui ne s’est pas faite en Algérie. D’ailleurs, là, rappelons que sur l’une des banderoles déployées dans la salle, on y lit : “Oublier le passé, c’est trahir l’avenir.” Enfin, M. Djelmani parla des principes régissant les droits de l’homme tant dans le cadre confessionnel que linguistique, en rappelant que les gens sont libres de parler la langue de leur choix.