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 15 avril 2006

Liberté : 2001-2006, cela fait déjà cinq ans d’histoire pour le Printemps noir. Pour les uns, la flamme est toujours vivace, pour d’autres, elle s’éteint à petit feu. Vous luttez encore contre l’oubli ?
Bélaïd Abrika : Vous savez bien que, de nos jours, cinq ans c’est encore très peu dans l’histoire d’un mouvement ou d’un pays. Tous ces jeunes martyrs qui ont accepté de se sacrifier et de sortir dans la rue, les mains nues, pour affronter des balles assassines et crier leur ras-le-bol face à l’injustice, ne peuvent être oubliés du jour au lendemain.
Cette flamme est toujours présente dans les cœurs, les foyers et les esprits de tous les citoyens qui ont cru et qui continuent de croire à cet édifice, à cet espoir porté par toute une jeunesse révoltée et touchée dans sa chair. Dresser le bilan d’un mouvement aussi jeune n’est pas aussi facile qu’on le pense, car notre mouvement a eu le mérite d’apporter l’espoir, une valeur inestimable qui ne peut être quantifiée d’un seul trait.

Quid aujourd’hui du dialogue avec le gouvernement et qu’a-t-il apporté ?
Concrètement, le dialogue a réglé énormément de questions. Il a d’abord apporté la stabilité. C’est grâce au mouvement citoyen et à ses structures qu’est revenue la sérénité dans la région. Ensuite, c’est grâce à ce dialogue qu’ont été enfin reconnues et acceptées toutes nos revendications légitimes, alors que les incidences ont fini par être prises en considération.
Bien sûr, le bilan n’est pas totalement positif mais nous continuons à lutter pour faire aboutir la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur. À ce titre, nous sommes encore très touchés par l’emprisonnement du journaliste
Mohamed Benchicou, dont la peine tire à sa fin puisqu’il a déjà purgé vingt-deux mois de prison pour avoir exprimé ses idées.
Tout cela pour dire que notre mouvement reste profondément attaché aux libertés démocratiques et aspire à une presse libre et indépendante. Un tel idéal ne peut se construire uniquement avec le mouvement des archs, mais il peut et doit aboutir avec la contribution de l’ensemble des acteurs de la société civile.

Pour revenir au dialogue, êtes-vous toujours en contact direct avec Ahmed Ouyahia, Chef du gouvernement ?
Depuis les dernières élections locales partielles, nous sommes toujours restés en contact même si ceux-ci furent quelque peu restreints lors de la période de maladie du président de la République, où le pays était pratiquement paralysé durant deux mois. Depuis, j’ai eu plusieurs tête-à-tête avec le Chef du gouvernement pour élucider et prendre en charge des questions urgentes tout en préparant activement le comité de suivi de toutes les décisions déjà arrêtées. À ce titre, je vous informe qu’un rendez-vous a été fixé pour ce 25 avril pour finaliser ce dialogue.

Certains de vos anciens compagnons de lutte vous reprochent d’avoir été récupéré par le pouvoir…
On ne peut pas récupérer aussi facilement une personne qui a milité sans relâche au sein d’un mouvement aussi solide que celui des archss. Mais, si l’on considère que le pouvoir a récupéré nos revendications et décidé de leur application, c’est tant mieux et c’est ce que nous voulons. Personnellement, je n’ai fait que mon devoir et je me suis engagé pour une mission historique, celle d’arrêter d’abord l’effusion de sang au moment où personne ne pouvait le faire.

Que répondez-vous à tous ceux qui vous accusent d’avoir obtenu des privilèges personnels ?
Je vous remercie de m’avoir posé cette question, car c’est bien la première fois qu’on me la pose ouvertement. Depuis 2001 et plus particulièrement depuis 2004, nous avons fait l’objet de tellement de campagnes d’intox que cela frise le ridicule.
À tous ceux qui prétendent que nous avons bénéficié de terrains, de locaux, de milliards et que sais-je encore, je défie quiconque, qu’il soit au pouvoir, dans les partis politiques ou dans les administrations, d’apporter la moindre preuve que j’ai eu à tirer le moindre profit de cette situation.
Je suis un homme de famille, de dignité et d’honneur et je ne peux salir la mémoire de nos martyrs ou encore la crédibilité de ma famille et celle de tout notre mouvement. Ma situation sociale est presque identique sinon inférieure à celle de 2001, avant le déclenchement des événements du Printemps noir.

Sincèrement, n’avez-vous pas fait l’objet de convoitise ou de tentative de récupération de la part du pouvoir ou de quelques émissaires ?
Vous dire le contraire, c’est vous mentir ! Nous avons toujours été approchés directement ou indirectement par des émissaires du pouvoir qui pensaient justement qu’il était possible de marchsander au moyen d’intérêts personnels, ce que nous avons toujours refusé.

Quels genres d’émissaires ?
Les gens qui vous approchent utilisent généralement le réseau amical, car à un certain moment, le pouvoir ne savait pas comment s’y prendre avec le mouvement.
Il y a même des émissaires qui ont voulu nous faire croire qu’ils soutenaient même le mouvement dans le but de l’infiltrer et de récupérer certains de ses délégués, en vain.
Tous ceux qui ont tenté toutes sortes de tractations avec nous avaient échoué jusqu’au jour où le pouvoir s’est décidé à s’adresser publiquement à notre mouvement pour l’inviter au dialogue.

Avez-vous été approché par une mainmise étrangère ?
S’il y a bien quelque chose que l’on ne pourrait guère reprocher à notre mouvement, c’est bien cela. Il est vrai que nous avons eu à rencontrer des ONG étrangères en toute transparence, comme nous avons mené quelques actions de sensibilisation à l’étranger, mais nous n’avons jamais admis qu’il y ait la moindre atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté du peuple algérien. Ce sont là des principes sacrés pour le mouvement citoyen.
Nous avons toujours dit qu’il s’agit là de problèmes algéro-algériens qui ne peuvent se régler que dans un cadre exclusivement algérien, ici et non pas ailleurs.

Que pensez-vous du climat d’insécurité en Kabylie et du retour éventuel de la gendarmerie ?
Dites-vous bien qu’il n’y a pas plus d’insécurité en Kabylie que dans les autres régions d’Algérie, où l’on fait face à un fléau national qui n’épargne pas non plus de nombreux autres pays de la planète.
Je dirai qu’il y a eu plutôt une campagne médiatique pour favoriser le retour de la gendarmerie en Kabylie, alors que la multiplication des Sûretés de daïra et de commissariats de police de proximité peut résoudre le problème et amener l’État à mieux assurer la protection et la sécurité des citoyens.

Pour conclure, pensez-vous que la mission des archs est terminée ou qu’elle doit encore durer dans le temps ?
Les archs existent depuis la nuit des temps. C’est une force morale que l’on ne pourra jamais enterrer. À chaque fois qu’il y a une crise ou un danger qui menace la population, cette organisation ancestrale sera là pour parer au plus pressé et rétablir la vérité. Nous n’avons pas le droit d’enterrer des principes légués par nos ancêtres, car il est impératif de construire l’avenir tout en se référant aux expériences du passé.