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25 avril 2006
«Si Avril 80 n’avait pas existé, l’Algérie aurait aujourd’hui un conglomérat de tribus intégristes.» Tel est le constat fait par le Dr Saïd Sadi lors d’une conférence animée hier au centre culturel de M’chedallah à l’occasion de la célébration du 1er anniversaire de la mort de Salah Boukrif, l’un des cadres du RCD et du MCB et qui faisait partie avec Sadi et Ali Brahimi, également présent à cette conférence, des 24 détenus du Printemps berbère d’avril 1980.
Et c’est parce que le moment était au souvenir du combat de
cet animateur infatigable qu’était de son vivant Salah Boukrif ; le leader
du RCD et fondateur du MCB a voulu lui rendre hommage à sa façon,
c’est-à-dire en perpétuant son combat et en essayant de passer
le flambeau aux nouvelles générations, lesquelles, selon Sadi,
inspirent à l’optimisme, surtout après la marche de jeudi dernier
où ils étaient des milliers d’étudiants à répondre
présent à Tizi-Ouzou et ailleurs. Et aux jeunes présents
dans la salle, il rappellera les tentatives diaboliques du pouvoir qui cherche
par tous les moyens à corrompre jusqu’à l’âme de cette Kabylie
qui résiste et qui donne l’espoir à toute l’Algérie. «Le
pouvoir, dira-t-il, cherche à détruire tous les repères
de la Kabylie en l’asphyxiant économiquement, culturellement et socialement.»
Et Sadi d’expliquer la destruction de la culture millénaire en faisant
le parallèle avec l’élargissement des terroristes lesquels sont
aujourd’hui là à remettre en cause et combattre toutes les valeurs
ancestrales de la région et économiquement en décourageant
les investisseurs qui voudraient s’y installer et en faisant fuir par des impositions
fiscales exagérées ceux qui sont établis. «Mais,
malgré tous les moyens financiers mis en branle par le pouvoir, la Kabylie
résiste toujours et les citoyens doivent poursuivre leur combat afin
d’asseoir leurs droits», dira-t-il, notamment par la réhabilitation
de l’action politique et la gestion de la chose publique dans la transparence,
«mais cela passe par le rétablissement des prérogatives
aux élus locaux». «Il faut se battre pour vous imposer et
cesser la mission de sacrifiés que l’on vous assigne jusque-là»,
assène-t-il aux centaines de jeunes présents dans la salle en
leur rappelant que le régime actuel ne peut pas durer et qu’il faille
dès à présent se préparer pour prendre la relève.
Mais pour cela, il faudra deux choses : la volonté et l’intégrité,
deux caractéristiques qui avaient permis aux précurseurs des événements
d’avril 1980, à lancer sans qu’ils ne le sachent, les premiers jalons
d’une Algérie démocratique et plurielle. Enfin, et puisque l’APC
de M’chedallah avait délibéré hier matin pour baptiser
officiellement le théâtre communal du nom de Salah Boukrif, le
Dr Sadi, qui s’est félicité de cette reconnaissance à l’un
des valeureux fils de la région et de l’Algérie, dira que «le
nom de Salah Boukrif est un repère pour les générations
futures, un témoin de son temps et une garantie pour l’avenir».
Et Sadi de terminer en disant : «Nous avons mené le combat en faisant
dans l’esprit de la Soummam ; à vous, en parlant aux jeunes, de suivre
et continuer sur la voie de vos aînés.» Rappelons outre Sadi
et Ali Brahimi, secrétaire national chargé à l’organique,
il y avait le vice-président du RCD, Djamel Ferdjellah, des P/APC de
M’chedallah et d’El- Esnam, des élus APW de Béjaïa, ainsi
que plusieurs cadres du RCD et, bien entendu, la veuve de Boukrif Salah.