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 22 avril 2006

Cinq années se sont écoulées depuis les mémorables évènements d’Amizour où trois collégiens furent enlevés par des gendarmes en présence de leur enseignant trois journées après l’assassinat du jeune Massinissa Guermah commis par les éléments du même corps de sécurité à Beni-Douala. De douloureux évènements ayant constitué la deuxième étincelle à l’origine de l’embrasement de toute la Kabylie faisant des dizaines de victimes et plus de trois mille blessés parmi les populations locales. Les deux tendances du mouvement citoyen né au lendemain des tragiques évènements d’avril 2001, ou du moins ce qu’il en reste de cette structure des arouch, ont chacune de son côté décidé de célébrer cette date symbole dans le combat identitaire et contre la hogra à travers deux manifestations de rue à Amizour.

L’aile dialoguiste de la CICB a entamé sa marche à partir du cimetière des martyrs vers une place située au centre-ville à quelque 300 mètres du point de départ de la manifestation que les animateurs de cette tendance baptiseront du nom de l’enseignant des trois collégiens, Ahmed Mammeri, terrassé par une longue maladie le 13 juin 2005. Les camarades de Belaïd Abrika ont animé ensuite un meeting devant quelques dizaines de personnes. Tour à tour les membres de l’interwilayas en pourparlers avec la chefferie du gouvernement se sont succédé à la tribune pour défendre le dialogue et rappeler les “acquis arrachés”, lors des différents rounds de négociations avec Ouyahia. Les mêmes intervenants annonceront à l’occasion la reprise des négociations avec le chef du gouvernement mardi prochain. L’autre tendance du mouvement citoyen opposée au dialogue a opté également pour une similaire manifestation de rue pour marquer ce 5e anniversaire des évènements d’Amizour. Contrairement à la marche de jeudi dernier observée à l’occasion du 20 Avril, les antidialoguistes ont visiblement réussi à mobiliser plus de monde que leurs ex-pairs du mouvement citoyen. Environ cinq cents personnes ont participé à la manifestation de la structure d’Ali Gherbi qui a démarré du lycée mixte à l’entrée nord d’Amizour pour sillonner les principales artères de la ville. Tout au long du trajet, les manifestants ont repris à tue-tête les slogans traditionnels du mouvement fustigeant le pouvoir et réclamant la satisfaction des revendications citoyennes contenues dans la plate-forme d’El-Kseur. Arrivés à hauteur du siège de la municipalité d’Amizour, les manifestants assisteront à l’inauguration par l’enfant du défunt Ahmed Mammeri d’une fresque en céramique représentant la ville d’Amizour comme fond de plan et deux portraits du roi numide Massinissa et du Rebelle Lounès Matoub. Une fresque réalisée par les moyens de l’APC dédiée à la mémoire de tous les martyrs de la démocratie et du combat identitaire. L’érection de la stèle se veut “un repère pour la jeunesse qui ne doit pas oublié le passé afin de mieux construire l’avenir”, a souligné Meziane Belkacem, maire d’Amizour. Les animateurs du bloc antidialoguiste, intervenant lors d’une prise de parole ont dénoncé “l’opacité qui entoure le processus du dialogue en cours avec le gouvernement” tout en se déclarant “favorables à un dialogue responsable, sincère et transparent avec le premier magistrat du pays”. A noter que les deux manifestations se sont déroulées dans une totale sérénité. Par ailleurs, un programme dense et varié a été mis sur pied par le mouvement associatif local d’Amizour pour fêter le double anniversaire du Printemps berbère et des évènements du Printemps noir 2001. Des expositions, des activités sportives et éducatives et autres manifestations publiques à la hauteur de l’événement ont été observées à travers plusieurs villages et quartiers de la municipalité d’Amizour avec comme slogan majeur “Devoir de mémoire pour mieux appréhender l’avenir”.