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20 avril 2006
Si au niveau de la wilaya de Béjaïa, les différents acteurs politiques de la scène locale qui n’arrivent plus à s’entendre sur un Smig vital pour la survie du combat identitaire, se sont débrouillés de telle sorte que les marches du 20 Avril qui auront lieu aujourd’hui jeudi se fassent en des endroits différents pour éviter toute fâcheuse mauvaise issue pendant cette journée historique, symbole des luttes démocratiques, et si à Tizi- Ouzou, le mouvement citoyen des arouch a, lui, préféré organiser un grand rassemblement et laisser le soin au MCB d’organiser la marche historique, à Bouira, la chose se présente d’une manière tout à faire inédite.
En effet, alors que le mouvement citoyen des arouch qui avait appelé
depuis plus d’un mois à une grève générale suivie
d’une marche depuis la place des Martyrs jusqu’au siège de la wilaya,
multiplie des meetings de sensibilisation pour réussir cette action,
voilà que deux jours avant ce rendez-vous historique, le MCB appelle
à son tour à des marches au niveau des wilayas de Tizi- Ouzou,
Béjaïa et Bouira, pour “protéger la mémoire de nos
martyrs d’hier et d’aujourd’hui, et faire aboutir notre combat pour tamazight
langue officielle et consacrer les libertés démocratiques”. Dans
une déclaration, le MCB précise l’itinéraire à emprunter
pour la marche de ce jeudi et qui démarrera depuis le stade Bourouba
jusqu’au siège de la wilaya, c’est-à-dire, le même itinéraire
que la marche des arouch. Conscient de cette problématique, le délégué
Djaâfer Abdeddou nous dira que “la commémoration du 20 Avril, qui
a toujours été faite dans la dignité, devra se faire avec
le haut sens de responsabilité de tout un chacun”, avant d’ajouter que
“le sacrifice de centaines de martyrs de la démocratie et de la citoyenneté
doit interpeller les consciences de chacun pour que, pendant cette journée
ô combien symbolique, tout le monde marche côte à côte
et sans que personne ne heurte la sensibilité de l’autre”. Espérons
que les différents acteurs tant politiques que ceux du mouvement citoyen
avec leurs différends, sauront transcender leurs divergences et être
à la hauteur de cette date historique. Tous doivent savoir que leur seul
vrai adversaire reste le pouvoir qui verrouille les libertés et excelle
dans les manipulations et autres divisions des rangs pour se perpétuer.
Le combat pour faire aboutir l’officialisation de tamazight et ancrer définitivement
la culture démocratique dans les mœurs politiques en Algérie,
objectifs communs de tous ses acteurs politiques, passe par la réussite
de ce genre de manifestation. D’ailleurs, le Dr Mouloud Lounaouci qui a animé
une conférence ce mercredi au centre universitaire de Bouira à
l’invitation de l’association estudiantine Assirem N’Djerdjer, estime que le
pouvoir a toujours agi en fonction du degré de réussite des marches
populaires ; si la population est encore mobilisée, le pouvoir lâchera
du lest mais si le pouvoir remarque une certaine démobilisation, il reprend
même ce qu’il avait déjà donné. Notons aussi que
dans le sillage des conférences organisées par le MCB pour commémorer
le 26e anniversaire du Printemps berbère 1980, outre la conférence
du Dr Mouloud Lounaouci, M. Ali Brahimi à lui aussi animé une
conférence à Bechloul. Les deux conférenciers font partie
des 24 détenus d’avril 1980.