La population de Bouira en deuil Salah Boukrif inhumé hier à Aï Brahim «Un homme intègre qui n'a jamais cédé aux tentations»


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28 avril 2005
C’est en présence de tous les membres de la direction
nationale du RCD dont son président, le Dr Saïd Sadi, et des milliers
de citoyens anonymes mais aussi ses ex-compagnons de lutte au sein du MCB, Djamel
Zenati, Arezki Aït Larbi, Merzouk Zebda, Idir Tagrawla, Abdellah Bendaoud,
président du Mouvement culturel chenoui, M’hand Amarouche, entre autres,
que Salah Boukrif, terrassé par une crise d’asthme lundi dernier, a été
inhumé hier dans son village natal Ath-Brahim, commune de M’chedallah.
Le Dr Saïd Sadi a, lors de l’oraison funèbre, rendu un vibrant hommage
à l’homme intègre et de conviction que fut le défunt Salah,
qu’il a connu de son vivant et pour la première fois, dira-t-il, dans
la prison de Berrouaghia. Depuis, “cet homme infatigable, qui a toujours répondu
présent pour la promotion du combat démocratique en Algérie,
n’a jamais baissé les bras, jusqu’à son dernier souffle”, et ce,
ajoutera le Dr Sadi, malgré toutes les propositions alléchantes
que le pouvoir n’a cessé de lui faire pour obtenir son silence à
jamais avec de l’argent”, mais, dira Sadi, Salah fait partie de cette race d’incorruptibles
et d’honnêtes, et, aujourd'hui, s’adressant aux jeunes et à la
population des arouch de M’chedallah, “vous devez être fiers d’avoir enfanté
un héros, un roi qui a tout donné pour cette patrie et sans aucune
contrepartie”. Pour sa part, Ali Brahimi, compagnon de lutte du défunt,
dira : “Je viens de perdre un frère avec lequel j’ai partagé toutes
les luttes démocratiques que nous avons entamées depuis 1973”,
date de leur admission à la faculté d’Alger après l’obtention
du baccalauréat. “Moins de quatre jours avant sa disparition, j’étais
en sa compagnie lors de la marche du 20 Avril à Bouira. C’est une grande
perte. Salah est mort dignement et c’est tout à son honneur en ces temps
de renoncements et de retournements de vestes.” Djamel Zenati n’en pense pas
moins sur le défunt qu’il dit avoir connu lors des évènements
d’Avril 1980. “Malgré nos chemins divergents après les années
1990, il reste que l’homme était toujours respectable pour ses convictions
et son combat pour la démocratie. C’est vraiment une perte pour l’Algérie
démocratique”, dira-t-il enfin. M’hand Amarouche s’est dit abasourdi
par la perte de son frère de combat tant au sein du MCB que du RCD, que
fut Salah. Rachid Mechou n’a pu retenir ses larmes en évoquant les années
de luttes qu’il avait menées avec le défunt. Enfin, Mme Boukrif,
la veuve du défunt qui a reçu durant la matinée la visite
des représentants des œuvres sociales du ministère de l’Enseignement
supérieur, dont le défunt relevait, pour lui remettre une enveloppe
financière, a refusé catégoriquement l’argent en déclarant
que cette manière d’agir du ministère est une insulte pour son
défunt mari. Selon elle, les persécutions et les harcèlements
dont il fut l’objet de la part du ministère depuis que le RCD avait quitté
le gouvernement en mai 2001 en sont pour beaucoup dans la détérioration
de sa santé. “Je le sentais mourir à petit feu, dira-t-elle en
sanglots, sans que je puisse faire quoi que ce soit malgré mon métier
de médecin.” “Pourtant, il a toujours travaillé avec abnégation
et il ne méritait pas le sort que l’administration du ministère
lui réservait”, enchaînera Mme Samia Kaïd, membre du conseil
national du RCD. Signalons enfin que plusieurs délégués
des arouch surtout les antidialoguistes ont tenu à être présents
pour saluer la mémoire de Salah Boukrif, un militant infatigable de la
démocratie et des droits de l’homme. Côté partis politiques,
outre le RCD dont des centaines de cadres et de simples militants étaient
présents, on a relevé la présence du représentant
de l’ANR à Bouira, du fédéral de l’UDR à Bouira
ainsi que tous les membres de son bureau, et un membre du bureau national, M.
Baïliche, alors que M. Amara Benyounès n’était pas venue.
Celui-ci aurait été informé que la famille du défunt
ne souhaiterait pas sa présence.