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26 avril 2005
Youcef Zirem vient de signer son sixième ouvrage. Il s’agit d’un roman intitulé "La Vie est un grand mensonge" qui est une histoire sur près de vingt ans où une partie de l’épopée de la quête identitaire amazighe est racontée.
Ingénieur en hydrocarbures, diplômé de l’IAP
de Boumerdès, Youcef Zirem exerce pendant près de trois ans dans
le secteur industriel avant de se convertir en journaliste suite à la
tolérance de la presse dite "indépendante" (parfois
"privée" également) par le régime d’Alger. Youcef
Zirem a parcouru nombres de rédactions comme La Tribune, le Quotidien d’Oran, Le Jeune Indépendant,
La Nation, etc. En 2002-2003, il effectue un bref séjour
à Paris où il participe à la création d’un hebdomadaire
kabyle intitulé "Le Kabyle de Paris" qui s’est, malheureusement,
éteint au bout du dixième numéro.
Il a à son actif cinq ouvrages dont Algérie, la guerre des ombres publié en Belgique (Grip - éditions Complexe) en 2002. Dans cet ouvrage Youcef ZIREM expose les dits mais aussi
les non-dits d’une tragédie. Disséquant le système algérien,
il révèle comment les hommes de l’ombre maintiennent la machine
du statu-quo. Il traitera de la prospérité des affaires des mafias
à travers la violence entretenue. Et comme le dit Pascal Fenaux dans
son introduction à l’ouvrage "[...]Youcef Zirem présente
un état des lieux de médias souvent contrôlés par
les services de renseignement, s’interroge sur la relation étroite entre
affaires et terrorisme, rappelle la confrontation franco-américaine à
propos du "marché" algérien. L’auteur met enfin en exergue
les mécanismes qui permettent au pouvoir de se maintenir en place. Un
pouvoir qui, grâce à l’argent du pétrole et un pluralisme
de façade, continue à rendre viable l’une des dictatures les plus
ingénieuses de la planète."
Nous publions ci-après un extrait du roman qui vient de paraître.
Cet extrait évoque l’assassinat de Kamal Amzal, étudiant kabyle,
en 1982 à Alger dans l’enceinte universitaire, par les frères
musulmans.

Extrait du roman "La vie est un grand mensonge" :
Tel un forcené, Nacer monte rapidement les escaliers du pavillon de l’Institut
du pétrole. Arrivé au quatrième étage, en un laps
de temps, il est au bout du couloir où se trouve la chambre commune à
Jeff et à Farid. Sans frapper à la porte, il y entre avec un terrible
fracas. A bout de souffle, il s’écrie : « les frérots,
les sales frérots ! » Allongés confortablement
sur leurs lits respectifs, Farid savourait une chronique ciné de l’inimitable
Serge Daney, parue dans Libération de la veille, tandis que Jeff terminait
de lire Désert. A la vue de Nacer, hors de ses états, ils se relèvent
d’un seul coup, prêts à la riposte.
Ils ont essayé de se défendre mais en vain.
Les barbus étaient plus nombreux. Ils avaient des renforts importants.
Leurs complices non-étudiants étaient une légion. Ils avaient
des couteaux, des sabres, des haches.
Tout de suite après, Farid et ses deux amis sont dans les rues de Sedrem.
La cité-dortoir est encore calme.
Les habitants vaquent normalement à leurs occupations, cependant les
Land Rover de la gendarmerie vont et s’en viennent d’une manière inhabituelle.
En fin de journée, la triste nouvelle se propage dans toute la région.
Les visages deviennent effarés, les regards torves sont à chaque
coin de rue, les allusions à la vengeance, à peine voilées,
sont sur beaucoup de lèvres. Les islamistes se font prudents et se regroupent
dans les locaux qu’ils ont aménagés en mosquées. La nuit
venue, les gendarmes de Sedrem découvrent dans la cour de l’Institut
des industries légères un fourgon bourré d’explosifs et
d’armes blanches, appartenant aux barbus. Les gendarmes ne font rien du tout.
L’ordre vient d’en haut : il faut prêter main forte aux islamistes,
il faut les aider afin qu’ils détruisent la revendication identitaire
berbère. Le lendemain matin, Jeff et Farid sèchent leurs cours
et prennent le train à destination de Tizi-Ouzou, la métropole
kabyle. A leur arrivée au centre universitaire de Hasnaoua, des milliers
de personnes sont déjà là. Elles attendent les moyens de
transport en direction du village meurtri de Tiferdoudt. Sur ces collines oubliées,
elles vont saluer pour la dernière fois, Amzal Kamel, lâchement
assassiné le 2 novembre 1982, à l’âge de vingt-deux ans.
Youcef Zirem, La Vie est un grand mensonge (roman), éditions Zirem, Alger, 2005.
116 pages.
Ouvrage disponible, pour le moment, en Kabylie et à Alger.
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Autres ouvrages de Youcef Zirem :
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