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27 mai 2006
“Il a tellement chanté la mort qu’il en est mort”, cette formule consacrée à un illustre poète comme lui, vaut aussi mais, pour d’autres motivations esthétiques et existentielles, pour Tahar Djaout à qui un hommage a été rendu avant-hier, jeudi par l’association Tussna, à la bibliothèque des pères blancs de Tizi-Ouzou.
Devant un parterre d’étudiants et d’invités de l’association,
Mohamed Lakhdar Mouagal, Abrous Outoudert et A. Gasmi se sont livrés
à une introspection et un voyage à travers la vie et le texte
de l’auteur Les chercheurs d’os. “Toute l’œuvre de Tahar Djaout est parcourue
par la thématique de la mort”, dira d’emblée M. L. Mouagal qui
part de l’observation de l’ethnologue français J. Servier qui a théorisé
sur le caractère mortifère de la culture kabyle. Mais, selon le
conférencier, la prévalence du thème de la mort et du passé,
ne peut être ravalée à une évocation banalement prosaïque
de la mort dans sa dimension physique et biologique ni à une banale célébration
des morts. Il y a une inquiétude esthétique qui va avec le souci
de restitution de vérités historiques chez T. Djaout. L’œuvre
de ce dernier est parcourue par des réminiscences mortifières,
à travers l’évocation des personnages du passé, selon l’universitaire
qui s’appuiera sur des éléments textuels et narratifs puisés
dans Les chercheurs d’os, l’Invention du désert. Les rets de l’oiseleur
ou encore dans L’arche à vau l’eau et Solstice barbelée. Abrous
Outoudert évoquera pour sa part, l’amitié partagée avec
Tahar Djaout dans la vie comme dans le parcours journalistique et littéraire,
durant les années 1970 et 1980, au sein de la rubrique culturelle d’
El Moudjahid et au sein de la défunte revue littéraire, Promesses
dirigée par Mouloud Achour. L’ex-directeur du quotidien Liberté
regrettera le gel des activités de la fondation qui porte le nom de l’écrivain
par des personnes qui se revendiquent de sa proximité familiale. “Il
appartient à ses filles qui sont adultes et dynamiques de relancer cette
structure”, dira A. Outoudert qui parlera avec beaucoup d’émotion du
jour de l’effroyable attentat, de cette funeste matinée du 25 mai 1993.
A. Gasmi, cadre de l’éducation en retraite, parlera de l’enfant d’Oulkhou,
né et élevé dans un contexte de violence inhérent
à la guerre de Libération nationale dont les événements
et les faits violents et traumatisants ont marqué Tahar Djaout et apparaissent
et impriment le language de son œuvre, selon l’orateur qui a fait une présentation
sur Les rets de l’oiseleur et Les chercheurs d’os.