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28 décembre 2005
Une brise fraîche balayait les visages. La foule, considérable,
composée en grande partie d’invités de l’Etoile culturelle et
renforcée par des badauds tout aussi nombreux, s’est agglutinée
sur la place colonel Amirouche.
L’instant est solennel : il s’agit d’inaugurer la stèle en hommage au
grand poète de tous les temps : Si Mohand ou M’hand. Si des écrits,
des portraits lui ont été dédiés, cette stèle
est une première. Imposante, non seulement de taille mais par ses nombreuses
qualités artistiques, elle attendait, à quelques mètres
du siège de la mairie, d’être inaugurée. Cette mission a
été assumée malgré le vent qui s’est mis à
souffler fort en cette après-midi du 26 décembre. La stèle
sera dévoilée par Slimane Chikh représentant à cette
cérémonie, Mme la ministre de la Culture, Hamid, l’artiste réalisateur
se tenait modeste devant cette œuvre géante qu’il avait accomplie. La
foule marée se dirigera ensuite vers l’école primaire Mouloud-Feraoun,
tout juste à quelques pas, et où se tiennent une exposition et
ventes-dédicaces de livres. L’exposition, qui durera jusqu’au 29 de ce
mois, est faite, dans sa majorité, de biographies et œuvres de Si Mohand
ou M’hand mais aussi de productions en arts plastiques. Rachid Mokhtari, écrivain
et journaliste, et qui s’appliquait à la vente-dédicace de son
livre, s’apprêtait à animer, conjointement avec Youcef Adli, des
conférences respectivement sur les thèmes de La poésie
de Si Mohand ou M’hand dans la chanson de l’immigration” et “Dimensions sociologique
et historique de l’œuvre de Si Mohand ou M’hand”. Un riche débat a été
ensuite ouvert avec le public. Auparavant, avant le déroulement des conférences,
s’est tenu le plateau de Radio-Soummam. Ces étapes, déjà
importantes par leur nombre, ne sont qu’un embryon d’un programme riche et varié
que l’Etoile culturelle a élaboré pour organiser la “première
rencontre poétique amazighe” à Akbou, à l’occasion des
cent ans de la mort de l’homme dont la vie a été l’errance, mais
combien grande par son œuvre.
Le coup d’envoi a été donné, en début d’après-midi
à la Maison de jeunes Abderrahmane Farès, par M. Hammam, vice-président
du nouvel exécutif d’Akbou et représentant du maire. Il était
accompagné de l’autre vice-président M. Aït Saïdi Mohamed.
Le représentant de la collectivité a assuré l’assistance
de l’appui et de l’encouragement de l’APC à l’association organisatrice
de cette grande action et pour ses autres activités. “Nous souhaitons
que les autres associations vous imiteront”, ajoutera M. Hamman. Ce à
quoi répondra le président de l’Etoile, Salhi Mouloud, lors de
son allocution de circonstance, en disant, entre autres : “L’Association Etoile
culturelle, comme à l’accoutumée, ne cesse de rendre hommage à
des hommes et des femmes ayant porté haut la culture algérienne
dans son ensemble”. “L’hommage à ce grand maître des mots, Si Mohand
ou M’hand, est une reconnaissance envers toutes les grands-mères et les
grands-pères qui ont préservé le patrimoine culturel amazigh
en transmettant les poèmes de Si Mohand ou M’hand de génération
en génération”, enchaînait Salhi Mouloud qui, au passage
brossera un aperçu sur les activités de l’Etoile. Slimane Chikh,
Ali Mammeri, Younès Adli interviendront tour à tour, durant cet
après-midi de l’ouverture, pour exprimer le bonheur “de renouer avec
l’intarissable fontaîne aux poèmes qu’était et que continue
d’être Si Mohand ou M’hand et par lequel des générations
ont étanché leur soif, la soif d’amour, de justice, de frustrations,
d’humanisme, de résistance...”, souligne-t-on.
Les moments forts de cette ouverture étaient aussi ces passages sur scène
du duo “Ghilas et Dilya” ainsi que de Lahlou qui ont fait atteindre en un laps
de temps, le haut degré de l’émotion et du remous du moment. Le
programme se poursuit, faisant de cette rencontre un carrefour d’échanges,
de brassage, de convivialité, car les participants au concours poétique
étaient venus des quatre coins de l’Algérie profonde, fiers de
leur amazighité. L’hommage restera gravé dans les mémoires
et la stèle sera là pour le rappeler à jamais. Akbou a
le prévilège et l’honneur de l’ériger. En ce centenaire
de son décès, sera née l’étincelle de la curiosité
dans les esprits juvéniles qui chercheront désormais à
découvrir ce géant de la littérature orale, ce grand poète
tout simplement.