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15décembre 2005
Si Mohand affectionnait beaucoup le côté
festif de son milieu et de tous les autres qu’il a côtoyés durant
ses longues années d’errance dans le pays comme à l’étranger.
Il serait approprié que ce côté Urar, grande fête,
caractérise le centenaire de sa mort, que nous nous apprêtons à
célébrer à partir de ce mois de décembre.
Il y a maintenant plus d’une année, lorsque nous avions constitué
un petit groupe d’hommes et de femmes rassemblés autour de cet événement,
que nous avions jugé majeur dans la vie culturelle du pays, notre ambition
se limitait à appeler toutes les bonnes volontés citoyennes et
officielles pour le prendre en charge. Je me dois aujourd’hui, de saluer l’initiative
de ces hommes et de ces femmes de culture et de lettres (parmi eux des écrivains,
des journalistes, des poètes, des cinéastes, des metteurs en scène
de théâtre, des comédiens, des chanteurs...) de ces
associations, de ces universitaires, politiques, avocats, anciens diplomates,
cadres supérieurs, anciens moudjahids, industriels... et de les remercier
pour la confiance qu’ils ont bien voulu placer en moi, pour représenter
leur force de proposition.
Il est vrai que pour Si Mohand, il n’y avait pas à hésiter
un seul instant. Si en ce début du mois de décembre qui débute
le centenaire de la mort de Si Mohand, j’informe de ce qui a été
fait tout en attirant l’attention sur ce qui reste à faire, c’est en
leur nom et avec leur aval que j’agis. Aujourd’hui, notre appel lancé
à travers les médias, à l’échelle nationale comme
à l’étranger, n’est pas resté vain. Déjà,
à la fin du mois de décembre de l’année passée,
nos journalistes ont su remarquablement relayer notre appel promptement transformé
en message que la Télévision berbère, BRTV a bien voulu
privilégier.
A la fin du mois de décembre 2004, autour de la journée du 28,
marquant le 99e anniversaire de la mort de notre grand poète, les régions
d’Alger et de Tizi Ouzou avaient déjà donné le tempo en
annonçant l’imminence de l’événement. Elles avaient abrité
des conférences et des rencontres, que nous avions animées au
niveau des universités et des structures de l’établissement Art
et Culture à Alger, et que la maison de la culture Mouloud-Mammeri avait
organisées pour sa part à Tizi Ouzou.
A Larbaâ Nath Irathen, l’association “Tafaska n Si Muhand U M’hend” avait
également tenu à lancer ses activités dans ce cadre à
partir de la région natale du poète. La presse nationale était
encore une fois au rendez-vous.
Dans le prolongement, un travail de sensibilisation a été mené
auprès des pouvoirs et des institutions publics concernés en premier
chef par cet événement. Nous citerons principalement le ministère
de la Culture,, le HCA, la Bibliothèque nationale et certaines APC. Si
des trois premiers qui n’ont pas pour habitude de manquer des rendez-vous de
cette importance, nous espérons prochainement d’agréables réactions,
pour les assemblées municipales, il s’agira d’évidence de reprendre
notre bâton de pèlerin après les élections partielles
de Kabylie. Nous nous attendons malgré tout aux mêmes dispositions
encourageantes affichées par les sortantes.
Depuis, les initiatives se sont multipliées. Au mois de mars de cette
année, les “Poésiades” d’Alger ont réservé une place
à Si Mohand et la promesse est faite de lui consacrer entièrement
la prochaine édition. Au mois de juin, a suivi l’administration des P
et T qui a émis un timbre marquant ce centenaire, tout en n’écartant
pas une surprise numismatique.
Béjaïa quant à elle, prépare d’ores et déjà
ses Poésiades en hommage à cet amoureux de la région, ce
sera probablement au printemps ou en été, nous a promis l’inusable
Issad. A Akbou, l’association “L’étoile culturelle”, se prépare
à marquer l’événement pour la réalisation d’une
stèle à l’effigie de Si Mohand, la première initiative
du genre, faut-il le souligner. Dans les autres coins du pays, la grande association
“Numidia” d’Oran et les habitants de l’ancien “village kabyle” de Annaba (devenu
un quartier de la ville) ont promis d’être de la fête.
Côté université : Tizi Ouzou et Alger sont prêtes
pour l’organisation de journées d’étude — dès la fin de
ce mois de décembre pour la première —, nous attendons le retour
d’écoute de Béjaïa.
Outre-mer, la Maison des sciences de l’homme et l’université de Paris
VIII organisent conjointement un colloque international autour de la poésie
de Si Mohand et de la poésie kabyle ancienne au début du mois
de janvier. Nous espérons la concrétisation prochaine de certaines
promesses avancées par la partie prenante européenne du centenaire.
Nous pensons notamment à la caravane qui sillonnera les grandes villes
de France, la réédition, sous la forme d’un recueil unique, des
ouvrages, qui ont jusque-là sauvé de l’oubli ses poèmes
et la création conjointement avec la partie algérienne de la Fondation
Si Mohand.
Mais du côté du vieux continent, la bonne surprise nous est venue
d’Italie. A l’occasion de ce centenaire, l’université de Rome vient d’introduire
pour l’année 2005-2006, un module intitulé “La poésie de
Si Mohand”. Une première mondiale qui fera des émules comme nous
l’espérons de toute notre vitalité intellectuelle.
Quant à la production qui, elle ne s’embarrasse pas de frontières,
beaucoup de projets ont été inspirés par le centenaire,
certains viennent d’être réalisés, d’autres sont en cours
de finalisation. Ils touchent essentiellement aux domaines du cinéma,
du théâtre classique, du théâtre radiophonique et
du CD.
La musique nous a par contre affectés avec les pertes de Brahim Izri
et du targui Othmane Baly. Le premier s’était proposé pour la
confection d’un disque qui allait regrouper une pléiade de chanteurs
autour de la magie mohandienne, le second avait promis de chanter Si Mohand.
Nous ne les oublions pas, nous n’oublierons pas qu’ils ont fait partie de cette
initiative du centenaire. Ils auraient certainement clamé avec nous :
“Que l’Urar commence ”.