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28 mai 2006
Arrivée
vers 13h30 à la salle où l’attendait tout ce beau monde, Malika
Domrane, entourée de sa mère, La Fetta, et certains de ses proches
a eu du mal à contenir son émotion. Elle versa des larmes dès
sa descente de la voiture qui l’avait amenée. Elle ne s’attendait peut-être
pas à un tel accueil, qui était des plus chaleureux.
La salle des fêtes Tirza d’Azazga s’est avérée
trop exiguë pour contenir la grande foule qui l’a envahie tôt la
matinée de ce jeudi 25 mai, venue des quatre coins de la région
afin de rendre hommage, à l’initiative de l’association culturelle Muhend
At Lhadj de la même localité, à Malika Domrane, “Tabargazt”,
comme l’ont qualifiée plus d’un des intervenants parmi ses amis et ceux
qui l’ont côtoyée et qui se sont succédé sur la scène,
invités à porter leurs témoignages sur son itinéraire
et son parcours.
Femme-courage, Malika l’a toujours été, d’abord en osant “infiltrer”
dès son jeune âge dans les années 70 le monde artistique,
alors qu’il était “strictement” réservé à la gent
masculine, ensuite en chantant la cause féminine dans toutes ses dimensions.
“Elle a osé dire tout haut ce que les autres pensaient tout bas, au moment
où tout était pratiquement interdit aux femmes en particulier
et à tous les Algériens en général. Sincèrement,
elle mérite beaucoup plus que ça, pourquoi pas un hommage national
?”, dira Abdellah Yougourthen lors de sa prise de parole. Belhanafi, l’animateur
de la Chaîne II a tout simplement comparé Malika Domrane à
Fatma N’Soumeur. “Pour son courage, son esprit d’insoumission et de militante
infatigable”, a-t-il dit.
Arrivée vers 13h30 à la salle où l’attendait tout ce beau
monde, Malika Domrane, entourée de sa mère, Là Fetta et
certains de ses proches a eu du mal à contenir son émotion.
Elle versa des larmes dès sa descente de la voiture qui l’avait amenée.
Elle ne s’attendait peut-être pas à un tel accueil, qui était
des plus chaleureux.
Il nous faisait rappeler celui réservé, en Kabylie, à
une mariée. Des flashs et des bouquets de fleurs fusaient de partout.
Il fallait jouer des coudes pour s’approcher d’elle.
Mais, il faut dire que ce qui a surpris le plus l’enfant de Tizi Hibel, est
le fait d’avoir retrouvé des amis de longue date qui l’attendaient, entre
autres Boualem Rabia, Sid-Ali Naït Kaci, son ancien directeur du temps
où elle était infirmière à l’hôpital psychiatrique
de Oued Aïssi, Mme Belhadj, dite Bouaouche N’Djerdjer avec laquelle elle
avait fait ses débuts artistiques dans la chorale Fatma N’Soumeur.
“Je suis très émue et très contente de ce que vous avez
fait pour moi...”, a déclaré Malika lors de son intervention avant
de revenir en détail sur son parcours de “combattante” devrait-on dire.
L’attentive assistance apprendra, notamment, de sa bouche que ce fut, feu Slimane
Azem qui l’avait reçue à l’aéroport d’Orly en 1979, lors
de son premier voyage en France. “Je dois beaucoup à Da Slimane”, a-t-elle
reconnu.
Malgré les années écoulées, Malika Domrane n’a rien
perdu de sa splendeur. Elle est superbe. Mais c’est surtout la voix qu’elle
garde intacte. Des admirateurs présents ce jeudi à Azazga l’ont
constaté lorsqu’elle a chanté pour eux Adhella, Boubrit... de
sa voix chaude, elle a fait pleurer les “âmes sensibles” lorsqu’elle a
repris achewiq, Aya Gedigh... en hommage au chantre Matoub Lounès qu’elle
termina par le refrain Assa azeka, Malika thella thella sur un tonnerre
d’applaudissements, comme quoi malgré sa longue absence, Malika reste
toujours dans les cśurs de tous ceux qui l’ont aimée.
La diva Malika l’a certainement compris à travers cet hommage qui fut
tout simplement grandiose et qui a duré très tard dans la soirée
de ce jeudi. A noter que durant la matinée, les présents ont eu
droit à une exposition de poteries, de robes kabyles, de bijoux et une
animation continue d’Idhabalen.
A midi, tout le monde a été invité autour d’un délicieux
plat de couscous.
En un mot, la fête fut totale, l’association initiatrice de cette activité
a bien réussi son coup.
A noter enfin que pour la soirée d’hier, une pléiade d’artistes
étaient attendus au stade Boukersi-Lounès d’Azazga pour clôturer
cet hommage à “Tabargazt”. Nous y reviendrons.