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29 janvier 2006
Et pour cette
dynamique association, l’objectif de ce centenaire, qui se veut un hommage,
se déroulera du 15 au 17 février 2006 est “la promotion et la
réhabilitation du patrimoine culturel et artistique, favoriser les contacts
et échanges entre artistes mais aussi la reconnaissance du combat et
du parcours littéraire de Jean Amrouche et enfin la mise en valeur du
produit national et valoriser les ressources naturelles et les potentialités
touristiques de la région”.
L’idée d’un centenaire est venue, selon le président
de cette association, pour plusieurs raisons dont principalement la rareté
de l’espace culturel, la cherté du livre, l’absence de repères
et de conditions pouvant permettre de s’imprégner de l’art et de l’artiste
de nos régions. À souligner que depuis 1989 à ce jour,
l’association Taos et Jean Amrouche d’Ighil Ali met chaque année un artiste
sous les feux de la rampe pour raviver la mémoire collective, faire revivre
l’artiste et faire connaître les richesses culturelles de la région.
“Ce n’est pas par hasard qu’a été jeté le dévolu
sur cette personnalité, mais parce que cet homme demeure un trésor
inestimable, une bibliothèque plus que jamais vivante, armée d’une
double culture : algérienne et française. A travers ses écrits,
romans, poèmes, il a réussi à tracer et éclairer
un chemin pour empêcher la culture berbère de mourir. Ce centenaire
offre un espace d’expression, de communication, d’échanges et de convivialité
en vue de permettre aux groupes de jeunes issus des quatre coins du pays d’unir
leurs différentes richesses ancestrales”, lit-on notamment dans le préambule
du document préparé à cet effet. Le programme des
activités de cette manifestation, qui sortira un temps soit peu Ighil
Ali de sa léthargie, comportera notamment des expositions, des récitals
poétiques, des pièces théâtrales, des conférences
et la projection d’un documentaire sur la vie et l’œuvre de l’écrivain
journaliste. Et enfin ses trois journées seront clôturées
par des galas artistiques.
À souligner que Jean Amrouche, né en 1906 à Ighil Ali,
est un grand poète considéré comme le premier poète
algérien d’expression française. Cendres et Étoile secrète
sont ses deux premières créations poétiques. À travers
sa poésie, Jean Amrouche témoigne d’une manière bouleversante
de son drame intérieur : déchirement, souffrance, exil et nostalgie.
Plus tard, en 1939, Jean publie la traduction des Chants berbères de
Kabylie. Parallèlement, ses articles de critique littéraire paraissent
dans des revues telles que L’arche. Amrouche est aussi un brillant essayiste.
Son essai L’éternel Jughurta est une épreuve éclatante.
À cause de ses positions politiques, Jean est destitué de ses
fonctions au journal parlé de RTF où il était rédacteur
en chef.
Ce poète connu et reconnu dans les milieux des lettres françaises
devient le porte-parole et le défenseur des masses dominées et
muettes. Il est le pont qui fait communiquer le FLN et la France, le GPRA et
le général de Gaulle. Il écrit dans Afrique action du 13.02.1961
: “L’Algérie pourra-t-elle effectivement remplir ce que nous espérons
devenir cette nation multiraciale qui dépassera les antagonistes religieux
? Deviendra-t-elle ce qui n’existe nulle part au monde, c’est-à-dire
la patrie de l’homme, où ses composantes, qui sont tout de même
des composantes importantes : religieuses, linguistiques, passionnelles et mythologiques,
seront dépassées ?” À quelques jours de l’Indépendance,
Jean Amrouche s’est éteint avant qu’il ne sache la réponse à
sa grande question.