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 18 janvier 2006

M’hammed Djellaoui, s’inscrivant dans l’œuvre des recherches sur le monde de la culture berbère en défiant toutes les vicissitudes et les blocages, nous livre un produit  digne d’une recherche exhaustive.

En matière d’étude – notamment dans ce domaine –, il n’y a que la contrainte. “Contre vents et marées, M. Djellaoui a lutté pour nous livrer tout simplement” un livre plein d’images romantiques et symbolistes. Une œuvre à classer sur une autre : la poésie du XXe siècle largement jalonnée par un artisan contemporain du verbe (aheddadh), Lounis Aït Menguellet.
“À l’instar de toutes les poésies du monde, le poème (asefru) se base sur une esthétique de création de haute qualité et se hisse avec brio au rang des productions poétiques universelles”, écrit l’auteur. Après une biographie recherchée sur le “géant” de la poésie et de la chanson à texte kabyle, l’auteur met à nu certaines questions que d’aucuns ne cessent de se poser presque à la manière d’un mythe sur l’homme et son œuvre.
On y apprend, par exemple, le fait que Lounis est loin de projeter ses textes sur son parcours personnel. “La vérité, dira l’artiste, est que tout ce que j’aborde dans ma poésie ne découle pas forcément de ma propre expérience” et d’ajouter : “Je ne suis qu’un poète qui rapporte la souffrance des autres, je lève le voile sur leurs soucis et leurs préoccupations. Je fais ressortir à travers mes écritures les défauts des gens usant de la critique et de l’analyse.”
Par ailleurs, M. Djellaoui s’évertue à décrire à sa façon un poète contemporain symbole, visionnaire qui s’inspire largement des mythes et légendes de diverses littératures mondiales.  Il part sans cesse à la source pour puiser “une prose littéraire orale, cette prose amazigh traditionnelle dans ses différentes formes d’expression autour desquelles a évolué la mémoire collective de la société”. Dans un souci de précision et de rationalité exemplaires, l’auteur de l’image poétique dans l’œuvre de Lounis Aït Menguellet schématise et rend, de ce fait, plus didactique les textes et l’analyse pour une approche structurelle que les chercheurs, mais aussi les apprenants du domaine berbère doivent s’en imprégner objectivement. Ainsi, on y découvre que le poète “met la légende et la vertu au service d’une cause”.
La source populaire avec ses richesses (adages, contes, fables, maximes…) sera travaillée par la sagesse et l’art du maître pour graver les “échelons” artistiques et Lounis montera ainsi au créneau en innovant graduellement.
À titre d’exemple, M. Djellaoui s’ingénie à traiter les différents produits : thème, image poétique, croyance populaire et sens attribué à l’image. L’innovation prendra la 2e partie du livre. L’auteur citera d’autres précurseurs (Slimane Azem, El Hasnaoui, Cherif Kheddam…) qui, au même titre que Lounis, s’inspirent des critères anciens pour décrire la beauté, l’amour, la femme, la mélancolie… Mais en génie presque incomparable, l’auteur de Asefru (entre autres) a su créer des formes et des structures propres à sa poésie en “jouant” sur l’ambiguïté de sens, d’où l’interprétation, souvent pluridimensionnelle, des auditeurs. Cependant, l’étude du professeur Djellaoui aidera plus d’un, non seulement à comprendre l’image poétique dans la création artistique de Lounis Aït Menguellet, mais surtout saisir une méthode de travail et de recherche scientifique dans ce domaine.
Notons enfin, en annexe, une interview de 10 questions (en deux versions : berbère/français) qui nous éclaire un peu plus sur l’œuvre et son auteur. Un livre à lire, une œuvre de référence.

L’image poétique dans l’œuvre de Lounis Aït Menguellet. Du patrimoine à l’innovation, de M’hammed Djellaoui, Éd. Les Pages Bleues.