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 12 janvier 2006

À travers l’histoire, pour dater et établir des systèmes dans la divison du temps, les peuples se sont référés soit à l’univers extraterrestre (le cosmique), soit aux phénomènes mythologiques (pour ce qui est de la Chine, par exemple), à un événement historique ou encore aux faits religieux.  La datation en mois lunaires remonte à très loin. Une première transformation a lieu en l’an 708 de Rome où Jules César harmonise le calendrier lunaire par rapport au cours du soleil. C’est l’apparition du calendrier Julien et la naissance de l’année comptant 365 jours plus 1/4. La deuxième transformation a eu lieu en 1592. En effet, le pape Grégoire XIII constate un retard cumulé de 10 jours. Il réajuste le déséquilibre et décide qu’à partir du jeudi 4 octobre 1582 on passe directement au vendredi 15 octobre de la même année. Le calendrier grégorien voit alors le jour.

Voilà pourquoi nous enregistrons 13 jours de plus aujourd’hui par rapport au calendrier Julien. D’après les scientifiques, il subsiste encore une légère erreur de un jour sur 3000 ans.  Aujourd’hui “l’horloge” annuelle est universellement la même, mais de par le monde, la célébration de certains rites sous différentes formes a encore cours. Ces traditions revêtent plutôt une marque culturelle utile et nécessaire qui peut expliquer les événements socio-historiques inhérents aux peuples. C’est précisément le cas chez les Berbères qui continuent de célébrer le nouvel an, Yennayer, chaque 12 janvier de l’année grégorienne. Ils ont concilié un événement historique couplé avec la division du temps selon des considérations climatologiques.  L’événement historique remonterait à 680 avant J.-C. avec comme première thèse, la présence en Egypte d’un roi berbère du nom de Shesshonk (Chachnaq Ier) qui serait parti, à la tête d’une puissante armée, depuis l’actuelle Tlemcen vers la vallée du Nil dans le Delta en Egypte pour sauver l’empire pharaonien alors menacé par un roi venu d’Ethiopie. On pense que c’est à partir de cette date que les Berbères ont commencé à dater le temps. L’autre thèse  nous est rapportée par Malika Hachid dans Les premiers Berbères, entre Méditerranée, Tassili et Nil, selon laquelle l’an zéro amazigh se réfère à 950 av. J.-C., date à laquelle le Berbère Sherhonk (Chachnaq Ier) fut intronisé dans les terres du Delta du Nil en Egypte où il fonda la XXIIe dynastie avec comme capitale Boubastis. Les deux thèses diffèrent très légèrement. Elles font référence à la même date (950 av. J.-C.) et au même personnage historique autour duquel l’événement se rapporte. Partant de ces éléments, l’année berbère atteint aujourd’hui l’an 2956, c’est-à-dire 950 av. J.-C. + 2006 de l’an grégorien.  L’autre aspect dans l’organisation du temps chez les Berbères est le calendrier agraire qui est caractérisé par une extrême précision dans la subdivision du temps en saisons. La précision est encore plus prononcée dans l’agencement du jour en 12 segments* établis par les différentes activités de l’homme. Les saisons et les segments du jour portent chacun un nom selon les effets, les influences et les variations du temps qui rythment la vie sédentaire et rurale où l’activité agricole domine l’espace et le temps.
Pour la célébration proprement dite de Yennayer, on retiendra que le rituel se rapporte à la préparation d’un dîner, riche et copieux, à base de poulet. Ce qui captive l’attention c’est que la tradition est célébrée de la même façon à travers l’ensemble du vaste territoire de l’Afrique du Nord. Cela est une marque d’une incontestable unité culturelle originelle de la région.

* Le jour est segmenté en taflalit ; berrou n lmal ; tifawt ; azal ighiden ; azal imeksawen ; azal qayli ou azal azaylal ; talemmast n was ; azouzbou amectouh ; azouzbou ameqwran ; isemmadhen ; idh et talemmast n yidh.