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28 décembre 2005
Le 28 décembre 1906, et c’est certain, puisque porté sur les tablettes de l’état civil nouvellement créé par l’occupant français, disparaissait le poète de la Kabylie, Si Muhand U M’hand. Un siècle plus tard, une statuette est érigée à la mémoire du poète errant.
Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la mort
du grand poète kabyle Si Muh u M’hand, l’association Étoile
culturelle d’Akbou organise, depuis lundi et jusqu’à demain, la première
édition de la rencontre poétique d’expression amazighe avec un
riche programme d’activités dont la plus importante est, sans nul doute,
l’érection d’une statue à l’effigie du poète sur la place
centrale d’Akbou. Elle a été dévoilée, lundi après-midi,
sous les applaudissements nourris de la foule au cours d’une cérémonie
qui a regroupé les organisateurs, des poètes de la région,
des hommes de culture et des personnalités telles que Slimane Hachi,
éminent archéologue et représentant du ministère
de la Culture, et Younès Adli, écrivain et chercheur connu pour
ses travaux sur la vie et l’œuvre de Si Muhand, en particulier, et sur l’histoire
de la Kabylie, en général. Haute de près de 3 m, la statue
est l’œuvre du jeune artiste Aftis Hamid, 29 ans, sortant de l’école
des beaux-arts de Azazga. Elle représente le barde kabyle vêtu
d’un burnous négligemment jeté sur les épaules, le geste
ample, le pied en mouvement, dans l’attitude du poète errant qui sème
les vers à tout vent.
Tel qu’il a vécu. Il a fallu à l’artiste sculpteur un mois de
travail d’arrache-pied pour être prêt dans les délais en
consolidant d’abord la structure principale en béton armé et son
revêtement en hypoxie brai avant de fixer les traits du poète.
Il ne reste plus qu’à parachever l’œuvre en s’attaquant aux finitions
et à aménager le jardin public destiné à l’accueillir
et Si Muhand pourra enfin s’offrir au regard du public tout en contemplant le
magnifique panorama de la vallée de la Soummam qui s’étale aux
pieds d’Akbou. De l’avis de tous ceux qui ont assisté à la cérémonie,
la statue est fort bien réussie.
La nombreuse assistance s’est ensuite déplacée à l’école
Mouloud-Feraoun pour visiter diverses expositions de livres, de tableaux et
travaux artistiques avant de se rendre à la salle des délibérations
de l’APC pour suivre le plateau du direct de Radio Soummam organisé autour
de cet événement. Ce fut ensuite le tour des conférences-débats
sur la vie et l’œuvre de Si Muh U M’hand. Elles furent animées par Rachid
Mokhtari, écrivain journaliste, et Younès Adli. elles ont drainé
un public nombreux et attentif. Le programme des activités se poursuivra
jusqu’à demain avec d’autres conférences, des récitals
poétiques ainsi que la projection de L’Insoumis de Yazid Khodja, le film
qui retrace la vie tumultueuse de ce poète hors normes qu’était
Si Muhand.