Le Congrès
mondial amazigh amputé de sa dimension internationale
Le comité
préparatoire des 5es assises du Congrès
mondial amazigh, en conflit ouvert avec les partisans
de Belkacem Lounès, président sortant,
est allé jusqu’au bout de son objectif. Il a
réuni ce jeudi 30 octobre au niveau du siège
des Arouch, sous la surveillance, considérée
hostile, des policiers en civil et en tenue, matraques
à la main, prêts à intervenir, quelque
130 personnes, entre invités, délégués
des Arouch et représentants d’associations culturelles
ayant inscrit tamazight à leurs programmes.
Les travaux qui
devaient débuter à 13 h se sont finalement
ouverts à 15 h, deux heures à attendre
les délégués marocains, bloqués,
dit-on, depuis la veille, mercredi à 14 h, par
la police au niveau de la zone internationale de l’aéroport
Houari-Boumediene d’Alger, et les délégués
des wilayas de Béjaïa, Bouira, Boumerdès,
Sétif. Au moment de l’ouverture des travaux,
on attendait encore la plupart de ces délégués,
tandis que l’on notait la présence d’un ancien
délégué des Aurès, et en
qualité d’invités, Ali Gherbi d’ El-Kseur,
Ali Mouzaoui réalisateur, Saïd Chemakh,
enseignant au département de tamazighit de l’université
Mouloud-Mammeri de Tizi- Ouzou, Si El-Hafidh, officier
de l’ALN et des représentants locaux de l’Union
des commerçants. En revanche, aucun représentant
de la diaspora kabyle ni des autres pays de Tamazgha
ne s’était signalé à ces assises,
amputées de ce fait de leur caractère
international global pour revêtir un aspect national,
voire strictement local. Ces assises consacrent tout
de même la cassure, définitive ou temporaire,
l’avenir nous le dira, de cette ONG internationale,
vieille maintenant de 13 ans, en deux fractions rivales,
celle drivée par le comité préparatoire
issu du conseil fédéral du 28 février
de l’année en cours avec, à sa tête,
le vice-président, et, de l’autre côté,
celle demeurée fidèle au président,
Belkacem Lounès en l’occurrence, qui tient son
congrès au Maroc, faute, dit-on, d’avoir pu obtenir
l’autorisation des autorités algériennes
de tenir l’assemblée générale (5es
assises) à Tizi-Ouzou, conformément à
la décision prise par le conseil fédéral.
Les partisans du président sortant semblent avoir
bénéficié, objectivement, d’un
coup de main inespéré de ceux qui ont
pris la décision absurde de bloquer les 36 ou
31, selon diverses sources, délégués
marocains au congrès de Tizi-Ouzou. Une bêtise
de plus qui s’ajoute à la longue liste des atteintes
aux droits de l’homme et à la liberté
d’expression, ce qui n’honore pas les tenants du pouvoir
en place. Il s’en est fallu de peu, d’ailleurs, pour
que la rencontre de Tizi-Ouzou n’ait pas lieu : des
policiers en tenue, matraques à la main, étaient
placés de part et d’autre de la permanence des
Arouch, tentant même, au milieu de la matinée,
de contrôler les passants suspectés d’appartenance
indésirable. Jusqu’au dernier moment, on s’attendait
à l’intervention des agents en civil et en tenue
qui surveillaient de près les attroupements devant
le siège de la CADC, situé face à
l’entrée du secteur militaire et à côté
du siège, en ruine, des Renseignements généraux,
ciblé le 3 août dernier par un attentat
kamikaze. Les organisateurs n’ont pas obtenu l’autorisation
de l’administation pour tenir cette rencontre abritée
par les Arouch après le désistement de
la Fondation Matoub Lounès. Bravant, apparemment,
le refus implicite des autorités de la tenue
de ces assises, les Arouch ont offert toute la logistique
nécessaire : locaux, encadrement et autre soutien
actif à cette rencontre qui ressemble, à
s’y méprendre, aux fameux conclaves de la CADC.
Est-ce une tentative de ramasser les miettes du Mouvement
citoyen et des associations apparentées au Congrès
mondial amazigh ? Les indices relevés tout au
long de la phase préparatoire de ces 5es assises
incitent à poser la question en dépit
des dénégations de Belaïd Abrika.
A travers les deux assises qui se tiennent parallèlement
à Tizi-Ouzou et au Maroc, on se pose la question
de savoir qui représente quoi, ainsi que celle
qui consiste à savoir quel est le devenir du
Congrès mondial amazigh ?
B.
T.
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samedi
01 novembre 2008 |