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30 octobre - 02 novembre 2008

Le Congrès mondial amazigh amputé de sa dimension internationale

Le comité préparatoire des 5es assises du Congrès mondial amazigh, en conflit ouvert avec les partisans de Belkacem Lounès, président sortant, est allé jusqu’au bout de son objectif. Il a réuni ce jeudi 30 octobre au niveau du siège des Arouch, sous la surveillance, considérée hostile, des policiers en civil et en tenue, matraques à la main, prêts à intervenir, quelque 130 personnes, entre invités, délégués des Arouch et représentants d’associations culturelles ayant inscrit tamazight à leurs programmes.

Les travaux qui devaient débuter à 13 h se sont finalement ouverts à 15 h, deux heures à attendre les délégués marocains, bloqués, dit-on, depuis la veille, mercredi à 14 h, par la police au niveau de la zone internationale de l’aéroport Houari-Boumediene d’Alger, et les délégués des wilayas de Béjaïa, Bouira, Boumerdès, Sétif. Au moment de l’ouverture des travaux, on attendait encore la plupart de ces délégués, tandis que l’on notait la présence d’un ancien délégué des Aurès, et en qualité d’invités, Ali Gherbi d’ El-Kseur, Ali Mouzaoui réalisateur, Saïd Chemakh, enseignant au département de tamazighit de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi- Ouzou, Si El-Hafidh, officier de l’ALN et des représentants locaux de l’Union des commerçants. En revanche, aucun représentant de la diaspora kabyle ni des autres pays de Tamazgha ne s’était signalé à ces assises, amputées de ce fait de leur caractère international global pour revêtir un aspect national, voire strictement local. Ces assises consacrent tout de même la cassure, définitive ou temporaire, l’avenir nous le dira, de cette ONG internationale, vieille maintenant de 13 ans, en deux fractions rivales, celle drivée par le comité préparatoire issu du conseil fédéral du 28 février de l’année en cours avec, à sa tête, le vice-président, et, de l’autre côté, celle demeurée fidèle au président, Belkacem Lounès en l’occurrence, qui tient son congrès au Maroc, faute, dit-on, d’avoir pu obtenir l’autorisation des autorités algériennes de tenir l’assemblée générale (5es assises) à Tizi-Ouzou, conformément à la décision prise par le conseil fédéral. Les partisans du président sortant semblent avoir bénéficié, objectivement, d’un coup de main inespéré de ceux qui ont pris la décision absurde de bloquer les 36 ou 31, selon diverses sources, délégués marocains au congrès de Tizi-Ouzou. Une bêtise de plus qui s’ajoute à la longue liste des atteintes aux droits de l’homme et à la liberté d’expression, ce qui n’honore pas les tenants du pouvoir en place. Il s’en est fallu de peu, d’ailleurs, pour que la rencontre de Tizi-Ouzou n’ait pas lieu : des policiers en tenue, matraques à la main, étaient placés de part et d’autre de la permanence des Arouch, tentant même, au milieu de la matinée, de contrôler les passants suspectés d’appartenance indésirable. Jusqu’au dernier moment, on s’attendait à l’intervention des agents en civil et en tenue qui surveillaient de près les attroupements devant le siège de la CADC, situé face à l’entrée du secteur militaire et à côté du siège, en ruine, des Renseignements généraux, ciblé le 3 août dernier par un attentat kamikaze. Les organisateurs n’ont pas obtenu l’autorisation de l’administation pour tenir cette rencontre abritée par les Arouch après le désistement de la Fondation Matoub Lounès. Bravant, apparemment, le refus implicite des autorités de la tenue de ces assises, les Arouch ont offert toute la logistique nécessaire : locaux, encadrement et autre soutien actif à cette rencontre qui ressemble, à s’y méprendre, aux fameux conclaves de la CADC. Est-ce une tentative de ramasser les miettes du Mouvement citoyen et des associations apparentées au Congrès mondial amazigh ? Les indices relevés tout au long de la phase préparatoire de ces 5es assises incitent à poser la question en dépit des dénégations de Belaïd Abrika. A travers les deux assises qui se tiennent parallèlement à Tizi-Ouzou et au Maroc, on se pose la question de savoir qui représente quoi, ainsi que celle qui consiste à savoir quel est le devenir du Congrès mondial amazigh ?

B. T.

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samedi 01 novembre 2008



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