La population de Bouira en deuil     Salah Boukrif inhumé hier à Aï Brahim     «Un homme intègre qui n'a jamais cédé aux tentations»

 


 

 

 

27 avril 2005

 

Hier et dès les premières heures de la matinée, la mauvaise nouvelle faisant état de la mort de Salah Boukrif a vite fait le tour de la ville de Bouira, mais surtout la région (est) que le défunt de son vivant avait sillonnée de long en large pour porter haut et fort la voix de la démocratie et la revendication identitaire qu’il n’a cessé de porter dans son cœur jusqu’à son dernier souffle.
Faut-il rappeler que l’une de ses dernières apparitions publiques remonte à mercredi dernier, exactement une semaine jour pour jour, lors de la marche traditionnelle du 20 Avril, aux côtés d’autres personnalités avec lesquelles il partageait le combat au sein du MCB dont il fut l’un des meilleurs ambassadeurs. Agé de 49 ans et père de trois enfants, deux garçons et une fille, le défunt faisait partie des 24 détenus du Printemps berbère 1980 aux côtés de Saïd Sadi, Ali Brahimi, Mustapha Bacha, Ferhat M’henni, Chemmim Mokrane, Salem Chaker, Saïd Khellil… Après l’ouverture démocratique, il ne tardera pas à rejoindre le FFS avec la plupart de ses compagnons de lutte, mais en 1994, après un différend sur la ligne de conduite vis-à-vis du terrorisme et de l’islamisme, le défunt claquera la porte avec plusieurs de ses camarades avec lesquels il rejoindra le RCD en 1996 dans le cadre de la convergence démocratique. En 1997, il fut élu à l’APW d’Alger sous les couleurs du RCD et sera élu par ses pairs vice-président de l’APW. Au RCD, il a occupé plusieurs postes au niveau du secrétariat national, dont le premier est celui de secrétaire national à l’environnement, poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort. Côté réactions, le bureau régional du RCD et le bureau communal de M’chedellah ont chacun rendu un vibrant hommage et salué l’homme que fut M. Salah Boukrif, un homme de convictions et de principes. Pour sa part, le MCB du Dr Mouloud Lounaouci s’incline, lui aussi, devant la mémoire de ce grand militant dévoué pour les causes justes dont celle de la reconnaissance de l’identité amazighe et dont il fut un acharné défenseur. Enfin, la coordination locale des comités citoyens de M’chedellah a rendu publique, hier, une déclaration dans laquelle elle rend un vibrant hommage à “ce grand militant des droits de l’homme et de la démocratie”, et tout en s’inclinant devant sa mémoire, appelle la population de M’chedellah à faire de la journée de ce mercredi une journée de deuil. Rappelons que pendant que la population de M’chedellah était en deuil en perdant l’un de ses meilleurs enfants, un colloque national sur les théologiens de M’chedellah durant le XIIIe et le XVe siècles se tenait à Bouira. Aucun mot n’a été soufflé par les autorités ni les organisateurs sur cette perte cruelle qui a affecté toute une région sur laquelle ils étaient en train de parler. Mais il est vrai que le colloque national parlait des théologiens de M’chedellah mais sans la présence des véritables fils de M’chedellah. Du moins ceux qui pouvaient s’offusquer de cette omission pas du tout pardonnable. Rappelons que l’enterrement aura lieu aujourd’hui mercredi dans son village natal des Ath Ibrahim, dans la commune de M’chedellah.