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La statue de Matoub saccagée Le neveu de Abane Ramdane lance un appel au président Abane, une mémoire algérienne Graves manquements au droit

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07 décembre 2005
Pour avoir invité en 2003 un groupe
de députés, avocats, élus locaux et étudiants Flamands
(Belgique) afin de participer à une conférence sur " l'émigration
en Europe et les perspectives de coopération ", Said Zamouche, Président
de l'association Numidya à Oran et membre du Bureau du CMA (Congrès
Mondial Amazigh), a été condamné en première instance,
par le tribunal d'Oran en juin 2005, à un an de prison avec sursis et
20000 Dinars d'amende, pour de fallacieux motifs de " faux, mensonges et
falsification ". Devant cette décision aussi invraisemblable qu'arbitraire
et révoltante, Said Zamouche a aussitôt interjeté en appel.
L'affaire devait donc revenir le 5 décembre 2005 devant la Cour d'Appel
d'Oran.Said Zamouche était défendu par 4 avocats : Maitres Khemisti
et Bensadek du Barreau d'Oran, Maitre Hanoune du Barreau de Tizi-ouzou et Maitre
Bouzetine du
Barreau de Paris. Assistaient également à l'audience, une délégation
du CMA composée du Président, du Vice-Président pour l'Algérie
ainsi que des membres du Conseil Fédéral, des membres du Collectif
des femmes du printemps noir, du mouvement citoyen des Aarchs de Kabylie, de
nombreux membres de l'association Numidya d'Oran ainsi que les responsables
régionaux des partis politiques RCD et FFS.
D'emblée, le juge a reproché à Said Zamouche d'avoir invité
des étrangers qui sont allés en Kabylie où ils ont rencontré
le mouvement des Aarchs. " Pourquoi organisez-vous des conférences
? Pourquoi avez-vous invité des avocats ? Qu'est-ce que les parlementaires
et avocats Flamands sont allés faire à bled qbayel " ?a interrogé
le juge. Il emploiera d'ailleurs systématiquement l'expression "
bled Kbayel ", le pays des Kabyles, pour évoquer la Kabylie, comme
s'il s'agissait d'un pays étranger à l'Algérie.Said Zamouche
a répondu qu'il était habituel que l'association Numidya organise
des conférences sur des thèmes sociaux ou relatifs à la
citoyenneté et aux droits de l'homme avec la participation de Spécialistes
nationaux et étrangers. Il ajoutera que les Flamands étaient porteurs
de visas en bonne et due forme, document qui leur a permis de circuler librement
en Algérie. Et si la conférence prévue à Oran le
24 octobre 2003 a été annulée c'est du fait des autorités
consulaires algériennes à Bruxelles qui n'ont délivré
les visas que la veille à 17 heures. Les avocats ont alors tour à
tour démontré que le dossier d'accusation était vide et
ont mis en évidence l'absence de plaignant et de dommages subis par qui
que ce soit. Le Président de l'Association Numidya, Said Zamouche était
tout à fait habilité à envoyer des invitations à
la délégation Flamande. Les membres de la délégation
munis de visas, avaient le droit de se déplacer sur tout le territoire
algérien. Dès lors, les éléments constitutifs des
délits qui lui sont reprochés (faux, mensonge, falsification)
sont absents et ne sont d'ailleurs même pas rapportés par l'accusation
qui s'est contentée de requérir deux ans de prison ferme.
De plus, en dehors du rapport établi par le " bureau des affaires
criminelles " de la police d'Oran qui a fait subir à Said Zamouche
4 interrogatoires entre 2003 et 2004, aucunes pièces à charge
n'a été versée au dossier par l'accusation. Les avocats
ont insisté sur le fait que les visas accordés aux Flamands par
l'ambassade d'Algérie à Bruxelles sont valables sur tout le territoire
national et que de ce fait, les Flamands ont pu visiter la Kabylie comme ils
auraient pu visiter n'importe quelle autre région d'Algérie. Et
si les autorités algériennes ne souhaitaient pas que la délégation
Flamande aille en Kabylie, il aurait fallu qu'elles prennent leur responsabilité
en les arrêtant par exemple, à l'un des nombreux points de contrôle
de police ou de gendarmerie qui barrent la route entre Alger et Tizi-Ouzou.
Mais l'Algérie officielle ne pouvait ni refuser les visas aux Flamands,
ni les renvoyer dès leur arrivée à l'aéroport d'Alger,
ni les reconduire à la frontière de peur de ternir davantage encore
son image déjà exécrable à l'extérieur. Mais
pour éviter que se reproduise ce genre de " visite incontrôlée
" et pour l'exemple, elle choisit de punir gratuitement un innocent. Ainsi,
et comme l'ont clairement démontré ses avocats, juridiquement
il n'y avait rien à reprocher à Said Zamouche. Par conséquent,
les vraies raisons de son harcèlement policier et judiciaire sont de
nature politique.
L'association Numidya et à sa tête Said Zamouche, ont toujours
été des éléments gênants pour les autorités
d'Oran. Ils incarnent l'amazighité et assurent courageusement sa défense
dans un environnement totalement hostile. Il est vrai qu'ils ont été
depuis de nombreuses années les instigateurs et/ou acteurs infatigables
dans toutes les luttes pour la démocratie, les libertés et les
droits de l'homme, tant à l'échelle locale que nationale. De plus,
depuis 2002, Said Zamouche est membre du Bureau du CMA, ONG internationale de
défense des droits du peuple amazigh, qui ne cesse de dénoncer
sur les places internationales, les crimes d'Etat et les violations massives
et répétées des droits humains en Algérie.C'est
au moment justement où l'un des avocats était en train de faire
la démonstration du caractère politique de ce procès, que
le juge, très mal à l'aise depuis le début de l'audience,
s'est soudainement énervé, a interrompu l'exposé de l'avocat
et annonça que l'audience était terminée, tout en fermant
le dossier. Les avocats ont protesté énergiquement contre cette
violation du droit de la défense, d'autant plus que l'accusé n'a
pas eu la parole en dernier, conformément à la loi.La trentaine
de personnes qui étaient venues soutenir Said Zamouche et qui avaient
rempli la moitié de la salle d'audience se sont alors levées d'un
seul coup, criant des slogans " ulac smah ulac ", " pouvoir assassin
" .etc. Kamira Nait Sid, membre du Collectif des femmes du printemps noir,
a alors interpellé les autres avocats présents pour qu'ils se
solidarisent avec leurs confrères qui venaient de subir l'interdit, rappelant
que l'instauration de l'Etat de droit en Algérie était l'affaire
de tous.Le juge a alors ordonné l'arrestation immédiate de Kamira
Nait Sid mais devant la pression du groupe, la police n'a pas pu exécuter
l'ordre. Finalement, accompagnée des avocats, Kamira Nait Sid a été
conduite dans un bureau où se trouvaient le juge en question et le président
de la Cour d'Appel d'Oran. Celui-ci, très énervé, a vite
fait de perdre totalement son sang froid. Il a empoigné Kamira Nait Sid
et l'a jetée hors du bureau, lui criant " marakich fi bladek ",
ici tu n'es pas dans ton pays ! Sortant par la suite de ce bureau, le même
Président de la Cour intercepte Faroudja Moussaoui également membre
du collectif des femmes du printemps noir, qu'il se met à insulter et
l'a ensuite violemment poussée du haut d'un escalier, la traitant de
" khmej " (saleté) et répétant " dégagez
chez vous " !
Les témoins de la scène ont assisté médusés
devant le comportement de voyou du Président de la Cour d'Oran qui, au
lieu de représenter la loi et faire preuve de sagesse, s'est offert en
spectacle en faisant étalage de sa haine, montrant une image indigne,
honteuse, de " l'in-justice " algérienne.
On ne peut alors que s'interroger sur les raisons de l'attitude provocatrice
du juge et les violences dont s'est rendu coupable le Président de la
Cour d'Appel d'Oran. Est-ce pour justifier un éventuel alourdissement
de la peine contre Said Zamouche ? Finalement, et après près de
24 heures d'attente, le verdict de la Cour d'Appel est tombé : confirmation
de la condamnation prononcée en première instance, c'est-à-dire
un an de prison avec sursis et 20000 DA d'amende à l'encontre de Said
Zamouche.
Pour l'accusé comme pour tous les observateurs, cette nouvelle sentence,
fondée sur un jugement de nature politique, est totalement injuste. C'est
pourquoi, après s'être entouré de ses Conseils, Said Zamouche
a décidé de se pourvoir en cassation. Naturellement, le CMA lui
réaffirme son total soutien et sera plus que jamais à ses côtés
en toutes circonstances. Faroudja Moussaoui et Kamira Nait Sid, membres du Conseil
Fédéral du CMA, sont également assurées de l'appui
du CMA qui les encourage à déposer plainte contre le Président
de la Cour d'Oran.Le CMA dénonce avec la plus grande vigueur ces injustices
et les abus de pouvoir qui se sont déroulés dans l'enceinte de
la Cour d'Appel d'Oran ce 5 décembre 2005. Par ailleurs, le CMA se pose
la question de savoir à quoi sert l'accord signé en janvier 2005
entre le chef du gouvernement algérien et le mouvement des Aarchs, stipulant
notamment l'arrêt des poursuites contre tous les militants engagés
dans le mouvement citoyen depuis l'année 2001 ? Pourquoi Said Zamouche
est exclu du bénéfice de cet accord, lui qui a tant activé
à la tête de l'assocition Numidya, en faveur de ce mouvement et
de ses revendications ? Est-ce parce qu'il vit en dehors de la Kabylie ? Une
fois de plus, le CMA interpelle les instances internationales et les ONG, sur
les graves atteintes aux droits en Algérie et lance un appel pressant
à la solidarité contre le racisme, les discriminations et les
violences institutionnels
dans ce pays où il est plus que jamais urgent de faire reculer le déni
de justice.
Oran, le 7 décembre 2005
Le Bureau du CMA.