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Une semaine à Tizi


       


UNE SEMAINE A TIZI



© El Watan | Vendredi 25 avril 2014 | 10:00
Hafid AZZOUZI


Cinq policiers suspendus : Des policiers impliqués en début de semaine dans une violente répression de manifestants en Kabylie ont été suspendus, a annoncé, hier, le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, en parlant d’ «actes isolés» de ces membres des forces de l’ordre. «Si des preuves corroborent les faits signalés, ces personnes seront déférées devant la justice comme tous les citoyens», a-t-il ajouté. Selon lui, les forces de l’ordre «ont fait montre d’un haut degré de professionnalisme dans le traitement des émeutes, manifestations et marches dans certaines wilayas».

Un jeune interpellé puis libéré après 48 heures de détention :
Le jeune Mezdad Meziane, originaire de la commune de Beni Zmenzer, arrêté au lendemain de la marche du 20 avril, alors qu’il était en train de prendre des vidéos des émeutes près du quartier Les Genêts, au centre-ville de Tizi Ouzou, a été relâché, mercredi, après 48 heures de détention. «J’ai été arrêté par des policiers en civil qui m’ont confisqué mon appareil avant de supprimer toutes les vidéos et photos que j’ai prises lors des émeutes de lundi. Nous, au nombre de 14, sommes restés jusqu’à mercredi avant d’être présentés devant le juge d’instruction qui nous a libérés», a déclaré Meziane Mezdad, joint par téléphone.

«Des instructions d’en haut» :  
«Dès 8h30, Tizi était entourée par des CNS et les hauteurs de l’université étaient barricadées par les forces de l’ordre. Les policiers nous ont dit : ‘‘Nous avons reçu des instructions d’en haut’’. Vers 12h30, les camions antiémeute, les chasse-neige, ont foncé sur la foule. Ils ont failli écraser un manifestant, témoigne Amer, 27 ans. Lorsque j’ai voulu le secourir avec d’autres jeunes, nous avons été attaqués par des policiers à coups de matraque et de pied. Aujourd’hui, j’ai le bras dans la plâtre. Je n’ai pas été menotté mais j’ai reçu plus de 25 coups.»

«J’ai cru que j’allais mourir» :
«Quand les émeutes ont commencé, j’ai été pris avec le président du MAK entre les manifestants et les policiers. Nous n’avons pas arrêté d’appeler au calme à l’aide d’un haut-parleur. Nous voulions célébrer le double Printemps noir et berbère dans de bonnes conditions et nous n’avions nullement l’intention de causer de troubles. Malheureusement, les forces de l’ordre et l’armada des agents en civil engagés ce jour-là ont voulu le contraire. J’ai reçu une bombe  lacrymogène derrière la nuque. J’ai été hospitalisé au CHU de Tizi Ouzou. Les agents des services m’ont suivi jusqu’au service de radiologie pour me fouiller et m’insulter alors que j’attendais mon tour pour une radio sur ma blessure. Un agent en civil s’est même permis de me dire que je n’avais aucun honneur car le Kabyle que je suis a accepté de se faire soigner dans un hôpital algérien ! C’est du dénigrement qui prouve encore une fois le caractère despotique du système. Ils étaient décidés à nous abattre. Ils m’ont empêché de faire ma radio et ils m’ontconfisqué mon appareil-photo, mon drapeau berbère.»

Masensen, 25 ans : «J’ai été maintenu au sol pendant que les policiers me frappaient.
La répression a commencé dès que nous avons donné le signal du départ de la marche. J’ai été encerclé par les éléments du CNS et des agents en civil au niveau du portail d’entrée de l’université Hasnaoua 1. J’ai été maintenu au sol par des policiers pendant que d’autres me frappaient à coups de poing et de matraque. J’ai cru que j’allais mourir. Ils étaient tellement violents qu’on aurait dit qu’ils n’étaient pas humains. Un jeune de 18 ans a été touché par un tir de balle en caoutchouc au torse. Il en a reçu une autre dans le dos dès qu’il s’est retourné pour fuir ses agresseurs. Plusieurs ont reçu des bombes lacrymogènes sur le corps car elles ont été tirés à l’horizontale en direction des manifestants.» Boussad Becha, 32 ans, membre du conseil national du MAK.

 
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