Tizi Ouzou... Un calme tendu - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Tizi Ouzou... Un calme tendu


       


Tizi Ouzou ce matin

UN CALME TENDU



© Info Soir | Mardi 22 avril 2014
Dalila I.


Echauffourées lors de la commémoration du Printemps berbère, attaques terroristes près de Iboudrarène qui a fait 11 morts et 5 blessés dans les rangs de l’ANP, scènes de pillage hier après-midi dans la ville des Genêts, mise en ligne des photos et vidéos mettant en cause les forces anti-émeutes et agents de sécurité en civil : même si le calme — un calme bien précaire — est revenu ce matin, la région reste sous le choc.

Cependant, l’anxiété était tout de même perceptible sur les visages des citadins qui craignent que la situation ne dégénère et que la Kabylie ne renoue de nouveau avec l’instabilité politique et sécuritaire qui l’a caractérisée des années durant après le Printemps noir de 2001 qui a causé un énorme retard économique pour toute la région. Ces évènements qui ont fait, pour rappel, 126 victimes sont toujours présents dans la mémoire des Tizi Ouziens qui ont vu la ville saccagée et livrée à elle-même.

Les échauffourées qui se sont déclarées hier après-midi au niveau du CHU et du boulevard des Frères-Beggaz, Nouvelle-ville de Tizi Ouzou qui a été barricadée par les manifestants avec des objets hétéroclites, ont laissé des traces perceptibles, offrant un visage désolant de ces allées et trottoirs qui étaient hier, des heures durant, le lieu d’escarmouches qui ont opposée de jeunes manifestants aux forces anti-émeutes. De même les locaux de l’opérateur public de la téléphonie mobile, Mobilis sis au niveau dela Tour de la Nouvelle-ville, et qui ont été ciblés par un groupe d’individus qui se sont emparés des téléphones portables et des tablettes exposés dans des vitrines avant de saccager le mobilier, hier vers 17 heures, offrent une triste image.

Même si les citadins semblaient ce matin vaquer à leurs occupations quotidiennes, une vive tension planait toujours dans l’air et l’on craignait l’éclatement d’incidents à n’importe quel moment. L’attentat terroriste survenu à Iboudrarène au cours de la nuit de samedi et qui a coûté la vie à 11 militaires et en a blessé 5 autres, n’a fait qu’accroître l’angoisse des habitants qui craignent le pire. Et comme pour ajouter à ce climat de tension, la marche du 20 Avril, qui a pourtant bien eu lieu dans les wilayas limitrophes de Béjaïa et Bouira, a été, pour rappel, durement réprimée par les forces anti-émeutes au niveau de la capitale du Djurdjura, avec l’arrestation d’une trentaine de jeunes manifestants. Ce qui a suscité un large mouvement d’indignation de la population et des internautes sur les réseaux sociaux qui ont mis en ligne des photos et vidéos mettant en cause les forces anti-émeutes et des agents de sécurité en civil maltraitant de jeunes manifestants. Le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, a ordonné hier l’ouverture d’une enquête et a exigé que toute la lumière soit faite sur les agissements attribués, dans la vidéo mise en ligne, aux éléments de la police. Il a également ordonné que toutes «les mesures disciplinaires et judiciaires prévues par la loi soient prises à l’encontre de tous ceux qui enfreignent les règles en portant atteinte à la dignité du citoyen et à l'éthique de la profession». De leur côté, les autorités de wilaya se sont, dans un communiqué rendu public hier en réaction aux informations faisant état de l’interdiction de la marche du 20 avril, démarquées de cette interdiction. «Cette supposée interdiction ne pouvait être le fait des autorités de la wilaya qui ont la profonde conviction que les revendications liées à l’histoire, au patrimoine, à la culture, à l’identité nationale et à la langue amazigh doivent être soutenues et accompagnées». La présence des forces anti-émeutes est expliquée par leur mission de sécuriser la marche du 20 avril et non de réprimer la manifestation.

 
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