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Les affrontements ont fait plusieurs blessés parmi les manifestants et les policiers à Tizi-Ouzou


       


Les affrontements ont fait plusieurs blessés parmi les manifestants et les policiers

TIZI OUZOU : LA REPRESSION TRANSFORME

LA MARCHE DU 20 AVRIL EN EMEUTES



© Liberté | Lundi 21 avril 2014 | 09:50
Kouceila TIGHILT


Les premiers heurts ont commencé vers 11h, dès le début de la marche. Les brigades antiémeutes sont immédiatement intervenues pour repousser la foule, en usant de matraques, ce qui a été aussitôt suivi de jets de pierres, de part et d’autre.

L’habituelle marche du 20 Avril, fêtée depuis 34 ans dans la liesse, souvent marquée par des manifestations pacifiques et des activités culturelles variées, a été violemment réprimée hier à Tizi Ouzou. Dans un contexte politique très particulier, c’est la première fois, depuis les événements sanglants du 20 avril 1980, que le pouvoir décide d’interdire la marche du Printemps berbère à Tizi Ouzou. Organisée à l’appel du Collectif des anciens détenus d’Avril 80, de militants de la cause amazighe, du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), d’anciens militants du MCB, cette manifestation, qui a drainé des milliers de citoyens, s’est malheureusement heurtée à un important dispositif sécuritaire. Les premiers heurts ont commencé vers 11h, dès le début de la marche, lorsque les manifestants ont tenté de franchir les barrages dressés par des policiers armés jusqu’aux dents. Les brigades antiémeutes sont immédiatement intervenues pour repousser la foule, en usant de matraques, ce qui a été aussitôt suivi de jets de pierres, de part et d’autre, faisant plusieurs blessés parmi les manifestants et les policiers. Des affrontements violents se sont poursuivis durant toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi aux abords de l’université Mouloud-Mammeri où la police a fait usage de gaz lacrymogènes. "On a l’impression que ce sont les événements du Printemps d’Avril 80 et ceux du Printemps noir qui se répètent. Nous sommes venus pour célébrer le 20 Avril dans la quiétude et de manière pacifique. Pourquoi cherchent-ils l’affrontement ? C’est de la pure provocation. L’histoire se répète", s’est indigné un paisible citoyen venu manifester avec ses petits enfants, drapeaux à la main. "Pour moi, c’est une journée sacrée, sauf qu’aujourd’hui, avec ce qui se passe dans le pays, je crois qu’ils ont décidé de faire usage de la force là où il ne le faut pas, au lieu de l’éprouver contre le banditisme, le terrorisme ou encore dans la lutte contre la corruption. Ils préfèrent se déchaîner contre des militants qui veulent se battre pour leur pays, pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme. C’est un spectacle désolant et scandaleux", nous dira Arezki About, ancien détenu d’Avril 80 et militant des droits de l’Homme.

Pour Mouloud Lounaouci, lui aussi ancien détenu et figure de proue du combat amazigh, présent hier à la manifestation, "c’est un événement qui doit être commémoré chaque 20 Avril. C’est un repère pour les droits de l’Homme dans toute son étendue culturelle et linguistique. Tous les anciens militants d’Avril 80 sont présents. Certes, de nos jours, ils ont les cheveux blancs, mais ils restent toujours déterminés à se battre pour tamazight et l’idéal démocratique. Quant aux services dits de sécurité, il faut savoir qu’aucune marche du 20 Avril n’a été encadrée. Ils ont décidé de l’empêcher, ce qui montre que le régime n’a pas changé de nature. Il reste égal à lui-même, oppresseur et réfractaire à la question amazighe". De son côté, Saïd Khellil, autre détenu d’Avril 80 et l’un des initiateurs de la marche, dira que "le 4e mandat n’inaugure rien de bon. C’est choquant de voir une telle marche pacifique réprimée de la sorte. Ce mandat marque la régression dans notre pays".

Hier, durant toute la journée, au pavillon des urgences du CHU de Tizi Ouzou, les blessés, entre manifestants et policiers, arrivaient par dizaines, à tel point que les services de l’hôpital étaient submergés. Certains blessés ont dû être évacués dans les différentes polycliniques de la ville. Jusqu’à hier, en fin d’après-midi, la situation restait tendue notamment aux alentours de l’université Mouloud-Mammeri et dans de nombreux quartiers de la Nouvelle-Ville.

 
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