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C’est une promesse électorale. Tamazight sera-t-elle officielle ?


       


C’est une promesse électorale

TAMAZIGHT SERA-T-ELLE OFFICIELLE ?



© Algérie News | Dimanche 20 avril 2014 | 23:54
Mohammed ZERROUKI


Comme chaque rendez-vous électoral, la question de l’officialisation de tamazight, l’une des plus anciennes revendications linguistiques et identitaires du pays est revenue avec acuité, lors de la dernière campagne électorale.

Les six candidats  ont promis d’octroyer à cette langue la place qui lui échoit aux côtés de la langue arabe. S’agit-il d’une surenchère politicienne visant à inciter les électeurs pour aller voter ou l’émanation d’une volonté réelle de régler définitivement un point qui reste en suspens ? La question de tamazight revient souvent dans les discours des politiques, notamment  lors de la période électorale. Tous les candidats à l’élection du 17 avril n’ont pas seulement évoqué cette lancinante question, mais ont fait de la langue de Jugurtha, leur cheval de bataille. Le candidat indépendant, Ali Benflis, a lancé pour la première fois, à Tizi Ouzou, des promesses portant sur la promotion de la langue amazighe, sans aller jusqu’à promettre l’officialisation de cette langue. « Je m’engage devant vous à régler définitivement la question de l’identité  amazighe et donner à la langue la place qui lui sied », a-t-il dit lors d’un meeting électoral à Tizi Ouzou. Lors de son discours, le public présent s’est quand même montré assez réceptif, notamment lorsqu’il a souligné que « l’Algérie doit se réconcilier avec elle-même, avec sa culture et son patrimoine ».

Selon lui, cela se fera par la promotion de tout le patrimoine amazigh, l’introduction de l’enseignement de tamazight dans tous les cycles, ainsi que son inscription dans l’examen du baccalauréat et l’ouverture de centres de formation de formateurs de cette langue, afin de permettre l’épanouissement de toute une région. « Si je suis élu je permettrai aux Algériens de passer le baccalauréat dans la langue de leur choix », a-t-il indiqué. Contrairement à Tizi Ouzou, le candidat indépendant a frappé fort à Béjaïa, en promettant que s’il est élu à la magistrature suprême, il officialisera tamazight. De leur côté, les animateurs de la campagne électorale du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, se présentent comme les défenseurs incontestables de cette langue. Dans leurs discours, Sellal, Benyounès ou bien Ouayahia, entre autres, font de la nécessité de l’officialisation de tamazight l’un des axes principaux du programme Bouteflika. Le directeur de campagne du président sortant, a consacré une grande partie de son discours du meeting qu’il a animé à Tizi Ouzou à ce thème. Selon lui, « Abdelaziz Bouteflika  a fait du tamazight une langue nationale et il est temps de passer à une étape suivante ». Toutefois l’ex-Premier ministre n’a pas indiqué de quelle « étape supérieure », il parlait, laissant planer le suspense sur une éventuelle officialisation de la langue kabyle. Pour sa part, la candidate du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a fait de l’officialisation de tamazight son cheval de bataille pendant la campagne électorale.

Lors de son meeting à Tindouf, la mise en place d’un Secrétariat d’Etat chargé de la promotion de la langue amazighe. « Je propose un Secrétariat d’Etat chargé de la promotion de la langue amazighe, qui se chargera d’assurer son enseignement obligatoire à travers le territoire national et sa transcription à travers la traduction et l’interprétation dans les universités », a-t-elle déclaré. Idem pour le président du Front national algérien (FNA) et candidat à l’élection présidentielle, Moussa Touati, qui a plaidé lors de son passage dans la wilaya de Bouira  pour la création d’une Académie nationale de la langue tamazight. « J’appelle à la création d’une académie nationale de langue tamazight au lieu de l’exploiter à des fins politiques », a déclaré Touati. Touati a recommandé à ce propos de réunir des experts en linguistique,  des académiciens et des pédagogues afin « d’unifier cette langue et de la doter  de règles grammaticales bien définies », estimant que cette langue « doit être enseignée dans les écoles dès le cycle primaire ». Il a considéré que la question de Tamazight « ne doit pas être instrumentalisée par le pouvoir », affirmant que les Algériens « sont tous des Amazigh, arabisés par l’Islam ». L’autre candidat à la magistrature suprême, Abdelaziz Belaïd du Front El Mostakbel, a également émis la volonté de voir tamazight devenir langue officielle aux côtés des autres constantes, à savoir l’arabe et l’islam. Même son de cloche dans les discours du  candidat d’AHD 54, Ali Fawzi Rebaïne qui promet d’officialiser tamazight par décret présidentiel et sans référendum. « J’estime que tamazight n’est pas en contradiction avec la langue arabe. Cette question doit s’inscrire et on doit la défendre, pas seulement à Béjaïa ou à Tizi Ouzou mais aussi à Alger, à Aïn Sefra et ailleurs», a-t-il déclaré, ces jours-ci,  durant ses sorties dans le cadre de la campagne pour le scrutin du 17 avril. Comme s’il s’agissait d’un consensus généralisé chez tous les postulants à la magistrature suprême, le mot tamazight revient avec beaucoup d’insistance dans les meetings électoraux. Mais la question qui reste posée si cette question sera prise effectivement au sérieux ou elle sera reléguée en deuxième position, comme cela a été le cas auparavant.

 
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