Saïd Khellil, détenu d’avril 1980 et un des initiateurs des marches d’aujourd’hui : «Notre action est transpartisane» - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Saïd Khellil, détenu d’avril 1980 et un des initiateurs des marches d’aujourd’hui : «Notre action est transpartisane»


       


Saïd Khellil, détenu d’avril 1980 et un des initiateurs des marches d’aujourd’hui

« NOTRE ACTION EST TRANSPARTISANE »



© La Dépêche de Kabylie | Domingo 20 avril 2014
Entretien réalisé par A. M. TEMMAR


La Dépêche de Kabylie : Vous êtes signataire de l’appel à la marche d’aujourd’hui, dans les wilayas de la Kabylie, lequel appel est destiné à toutes les tendances qui se reconnaissent dans la revendication amazighe. Pensez-vous que tout le monde y adhère ?

Saïd Khellil :
L’appel que nous avons lancé, le 11 avril dernier, de Thighremet, dans la commune de Toudja, à Bejaïa, est avant tout, un appel à l’unité. Nous avons décidé, mes anciens codétenus d’avril 1980 et moi, avec la participation de plusieurs universitaires et autres militants de la cause berbère, de poser les jalons d’une union entre tous les acteurs qui se reconnaissent dans le combat identitaire. Un combat que nous avons toujours mené pacifiquement, et nous serons pour toujours, des militants d’actions pacifiques. Maintenant, en ce qui concerne l’adhésion à notre action d’aujourd’hui, dans les wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira, je vous le dis sincèrement, et ça n’engage que ma personne, il est nécessaire pour tout un chacun, qui se reconnaît dans ce combat porté par des milliers d’Algériens, notamment depuis les évènements d’avril 1980, d’y adhérer. Chacun a sa pierre à apporter à l’édifice qui commence à prendre forme, en dépit d’un environnement hostile. A Béjaïa, où nous nous sommes réunis le 11 avril dernier, nous avons opté pour un mot d’ordre, celui de commémorer dans l’unité le 34e anniversaire du Printemps Berbère. Il est essentiel pour tous ceux qui se reconnaissent dans cette revendication, dans cet appel à l’unité des rangs autour de la question identitaire, d’y participer pacifiquement, car Tamazight à besoin de tous les acteurs, de tous ses enfants, unis. Et ces derniers devraient faire abstraction de leurs pensées politiques, ne serait-ce que pour un temps qui sera consacré à cette question si chère à nous tous.

Pourquoi avoir attendu ce 34ème anniversaire pour mener ces actions par lesquelles vous espérez fédérer les rangs ?

En un mot : il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Personnellement, j’ai l’intime conviction qu’appeler tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat à unir leurs efforts n’est pas superflu. Il nous est utile, dois-je insister là-dessus, de nous prononcer clairement et publiquement, au lendemain d’une élection, importante à bien des égards. Nous espérons drainer les foules aujourd’hui. Nous espérons surtout voir dans les rangs de l’action d’aujourd’hui, que se soit à Tizi-Ouzou, à Bejaïa ou à Bouira, l’ensemble des acteurs de la revendication identitaire, car leur présence marquera l’esprit de ceux qui y participeront, mais aussi de ceux qui vont s’abstenir, même si je ne souhaite pas du tout qu’il y ait des abstentionnistes. Nous voulons dire, à travers notre présence dans les actions d’aujourd’hui, que les acteurs de la question identitaire, des acteurs qui ont porté et portent toujours la revendication amazighe, sont toujours là. A travers l’union des rangs que nous espérons vivement réaliser aujourd’hui, le message ne sera que plus fort pour témoigner de l’esprit de solidarité qui nous anime même si nous sommes coffrés dans diverses mouvances et courants politiques.

Ne craignez-vous pas les trouble-fêtes ?

Sincèrement non ! Bien que nous ayons appelé à la plus grande vigilance, nous sommes très confiants quant à l’esprit de communion et d’union qui prévaudra durant les actions d’aujourd’hui.  Je vous informe que cette action sera transpartisane, il n’y a ni parti pouvant revendiquer sa paternité ni autre mouvement pouvant se targuer de jouer les trouble-fêtes, en ce sens que l’appel est destiné à tout le monde sans exclusion aucune. Par nos actions d’aujourd’hui, nous voulons réaffirmer notre attachement aux valeurs du Printemps Berbère qui a vu naître des revendications de liberté et de démocratie à côté de la revendication phare de cet événement historique pour le pays, qui est Tamazight, portée par plusieurs acteurs et figures nationales depuis notamment la crise berbériste de 1949. Nous continuerons donc à porter ces revendications, et nous confirmons, par ailleurs, que notre combat se poursuivra pour la reconnaissance de l’identité et de la langue amazighes, mais aussi le respect des libertés démocratiques.

 
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