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ALGERIE. Reconsidérer le délit de presse

      MERCREDI 25 MAI 2005   >>     2001 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008


       


RECONSIDERER LE DELIT DE PRESSE



© Liberté | Mercredi 25 mai 2005
Khaled BOURAYOU, avocat


Le tribunal de Sidi-M’hamed a rendu, hier, sa décision concernant les poursuites engagées d’office par le ministère public à l’encontre de 3 journalistes de Liberté pour répondre de l’inculpation d’offenses au chef de l’État. Farid Alilat est condamné par défaut à une année d’emprisonnement ferme. Ali Dilem écope d’une amende de 50 000 DA. Mustapha Hammouche bénéficie, quant à lui, de la relaxe.

Ces décisions méritent un commentaire non pas pour leur clémence toute relative, car il y a sanction pénale, mais par la perception que nous espérons voir désormais soutenir le délit de presse. Cette infraction devrait être observée et appréciée avec tolérance et raison étant donné qu’elle se rapporte à l’écrit, à la critique et à la caricature, fut-elle corrosive ou mordante.

Contrairement au cycle infernal de la répression de ce délit et de son auteur, le journaliste, mené tambour battant par le pouvoir depuis plus d’une année et tout particulièrement dès l’incarcération de Ghoul Hafnaoui et de Mohamed Benchicou, en passant par les toutes récentes condamnations de Fouad Boughanem et de Hakim Laâlam, ces décisions pour peu qu’elles puissent être soumises à l’analyse ne manquent pas d’être perçues comme l’expression d’un début de reconsidération politique et juridique du délit de presse.

Il est patent, aujourd’hui, que cette répression effrénée ne sert pas l’État. Elle le vide de ces alibis de liberté et de respect des droits fondamentaux. Plus grave, cette répression le confond à un totalitarisme ne tolérant aucune critique, ni opposition.

Pour le juge, la perception tolérante du délit de presse ne manquera pas de le libérer des pesanteurs politiques que cette infraction colporte, comme elle le prédispose à une assimilation positive de la critique de l’écrit et du trait de la caricature. Sans crier victoire, ni afficher un quelconque satisfecit, il y a matière à espérer que ces décisions soient constitutives d’une démarche nouvelle tenant compte du rôle  et de la mission du journaliste, tout en respectant ses écrits et ce, dans la limite  de la vie privée d’autrui et de l’honneur des autres.


 
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