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Rassemblement devant l'Ambassade d'Algérie à Paris

      JEUDI 16 JUIN 2005  >>     2005


       



RASSEMBLEMENT DEVANT L'AMBASSADE D'ALGERIE A PARIS



© Le Soir d’Algérie | Jeudi 16 juin 2005
Correspondance


Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mardi devant l’ambassade d’Algérie à l’appel de L’Humanité et du Collectif pour la liberté de la presse pour exiger la libération de Mohamed Benchicou, la relax des journalistes condamnés, la fin du harcèlement judiciaires, la reparution du Matin et la fin du harcèlement judiciaire.

Avant le début des interventions, une délégation composée du directeur de L’Humanité, Patrick Le Hyaric, des sénatrices Eliane Essassi (communiste) et Alima Thiery-Boumediene (Verts), du chanteur-compositeur et ancien membre des réseaux du FLN, Claude Vinci au nom du Collectif pour la liberté de la presse en Algérie, du secrétaire général du SNJ-CGT (syndicat des journalistes), Michel Viard, a été reçue par l’ambassade d’Algérie pour lui remettre la pétition signée par plus de 350 personnalités françaises et une seconde signée par plusieurs milliers de personnes exigeant la libération de Benchicou et la cessation des atteintes à la liberté de la presse. Dans la foule, des délégations de partis algériens : William Sportisse et Boualem Khalfa entre autres pour le PADS, Omar Tibourtine pour le RCD France, Samir Bouakouir pour le FFS, Ferhat pour le MAK, et des militants du MDS, de l’ACB (Association culturelle berbère), Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat, des élus de la mairie de Paris, des délégations du parti des Verts, de RSF, de la Jeunesse communiste, Alban Liechti, ancien déserteur de l’armée française durant la guerre d’Algérie ayant rejoint les rangs de l’ALN, l’ancienne députée européenne Yasmine Boudjenah, et bien sûr le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie au complet. Face à l’ambassade, sur une miniscène se sont produits le groupe engagé les Zsgaboonistes, puis les chanteurs algériens Boudji, avant que Ferhat, s’accompagnant d’une guitare, ne clôt la soirée par deux chansons sous les applaudissements. Premier à prendre la parole, le directeur de L’Humanité qui a commencé son intervention par dénoncer les nouvelles condamnations des journalistes du Soir, Fouad Boughnem et Kamel Amarni, et d’Ali Dilem avant d’informer la foule sur le message qu’il venait de passer à l’ambassade d’Algérie où il venait d’être reçu. «Il est inadmissible que des journalistes soient condamnés pour des délits de presse », a-t-il lancé. Et d’assurer Fatiha Benchicou que la mobilisation devra s’amplifier jusqu’à la libération de son mari et de tous les journalistes. «En tant qu’amis du peuple algérien durant la guerre d’indépendance, au lendemain de sa libération et durant la lutte anti-islamiste qui a vu plus de 60 journalistes assassinés, nous exigeons du président algérien qu’il amnistie à l’occasion du 5 juillet tous les journalistes, que Le Matin reparaisse, que soit enfin respectée la liberté de la presse et que les dispositions du code pénal concernant la presse soient supprimées. Il est inadmissible que ceux qui se sont faits les porte-parole du peuple algérien contre l’islamisme soient aujourd’hui jetés en prison », a-t-il tonné. «Car sans liberté de la presse, il ne peut y avoir de démocratie.» Avant d’interpeller le président Chirac à propos de la conclusion du traité d’amitié entre la France et l’Algérie afin qu’il demande au gouvernement algérien de respecter ses engagements internationaux. Henri Alleg, d’une voix assurée, rappelle qu’il n’est pas là pour donner des leçons mais que «par expérience, chaque fois que la presse est attaquée, cela n’a pas apporté de bonnes choses à l’Algérie», citant l’exemple d’ Alger Républicain interdit par les autorités coloniales avant de l’être en 1965 par le pouvoir algérien. «L’Algérie a été un exemple pour les peuples du Tiers-Monde. Mais son image est ternie par les atteintes aux libertés, par l’emprisonnement de journalistes qui ont eu le tort d’être à l’écoute de leur peuple», a-t-il ajouté avant d’exiger qu’ils soient remis en liberté. Nicole Borvo, sénatrice communiste, et Alima Boumediene, sénatrice Verts, évoquent, chacune pour sa part, la solidarité de leurs partis respectifs envers la presse et les démocrates. La sénatrice communiste a rappelé entre autres ses interventions auprès du Quai d’Orsay à propos de la condamnation de Benchicou et des atteintes à la liberté de la presse et que son groupe avec les autres parlementaires de la gauche continueront d’agir pour le respect de la liberté de la presse et d’expression auprès du gouvernement français et des autorités algériennes : «Il faut, a-t-elle souligné, qu’une résolution soit votée au Parlement au moment de l’examen du traité d’amitié entre la France et l’Algérie.» Alima Boumediene a rappelé qu’à l’occasion de l’examen de l’accord d’association par le Parlement, que les parlementaires français fassent en sorte qu’il ne soit pas ratifié si les clauses concernant les libertés et le respect des droits humains ne sont pas respectées par le pouvoir algérien. La sénatrice Verts a saisi l’occasion pour dénoncer le sort fait aux Algériennes victimes d’un code de la famille qui nie leur droit à la citoyenneté. Enfin, après avoir remercié ceux qui sont venus manifester leur soutien à son mari et à la presse, Fatiha Benchicou a cédé la parole à sa fille Nassima pour lire la déclaration du Collectif pour la liberté de la presse (texte déjà publié par Le Soir et d’autres journaux). Un texte qui met en perspective le combat des journalistes, les multiples atteintes au droit d’informer, les condamnations de journalistes à la prison ferme, celle du Soir d’Algérie à 300 000 euros d’amende, l’exigence de la libération de Benchicou, la relax des journalistes condamnés, la dépénalisation des délits de presse et un appel à plus de solidarité avec les journalistes algériens. La cadette des Benchicou, contenant son émotion en évoquant le nom de son père, s’est acquittée de cette tâche avec un certain talent. Elle a été la plus applaudie par l’assistance. Ferhat lui succède avant de chanter, évoquant l’assassinat de son fils et lançant en direction de l’assistance que la «vraie Algérie, c’est celle qui est en prison et non celle qui est au pouvoir» ! Fatiha Benchicou, quant à elle, et les membres du Collectif étaient plus que satisfaits par le succès de ce rassemblement. «Ça dépassait toutes nos espérances. Car en dehors de L’Humanité, aucun journal français n’a informé ses lecteurs sur la tenue de ce rassemblement », explique un des membres du Collectif.


Communiqué du Comité Benchicou pour les libertés


A l’instant même où nous commémorions une année d’emprisonnement de Mohamed Benchicou, directeur du Matin, une nouvelle épreuve est venue justifier notre combat pour une presse libre et nous rappeler au devoir de vigilance. En effet, d’autres sanctions sont venues s’ajouter au harcèlement de la presse à travers les récentes peines d’emprisonnement ferme et les lourdes amendes prononcées à l’encontre du caricaturiste du quotidien Liberté ainsi que du directeur du Soir d’Algérie et un de ses journalistes. Le Comité Benchicou pour les libertés s’élève avec la plus grande fermeté contre ces sanctions iniques et renouvelle son appel à la dépénalisation des délits de presse. Le Comité Benchicou pour les libertés considère que ces nouvelles attaques contre la presse sont préjudiciables à l’image de l’Algérie et entament irrémédiablement le crédit de ses gouvernants auprès d’une opinion publique internationale sensible et sensibilisée à la question de la liberté d’expression et la liberté de la presse.


Déclaration de Rédha Malek, président de l’ANR


Quels que soient les délits retenus contre eux dans l’exercice de leur profession, la condamnation de journalistes à des peines de prison est un acte inique dans son principe et dangereux dans sa portée. Le métier de journaliste n’est jamais aisé, il présuppose une vocation et du cran. Notre devoir, le devoir de l’Etat et son honneur, en cette étape de transition vers la démocratie, c’est de le protéger et le cas échéant de faire montre d’indulgence et de compréhension à l’égard de ceux qui l’exercent. La contestation comme la démocratie dont elle est le nerf, est nécessairement un élément de complication pour l’exercice du pouvoir, mais un élément indispensable qu’il faut apprendre à ménager en vivant avec.


 
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