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Amarouche Mhand. Militant et animateur du Mouvement culturel berbère. Raffour n’a toujours pas son statut de commune !


       


Amarouche Mhand. Militant et animateur du Mouvement culturel berbère

RAFFOUR N’A TOUJOURS PAS SON STATUT DE COMMUNE !



© El Watan | Vendredi 25 avril 2014 | 10:00
Amar FEDJKHI


Raffour a connu de violents affrontements le jour du scrutin. Sachant qu’aucune élection ne s’est jamais déroulée dans le calme, y compris les locales. Qui était à l’origine des violences cette fois-ci ?

Il faut d’abord noter que des gendarmes ont été appelés en renfort dans la région la nuit du mercredi, c’est-à-dire la veille de l’élection. Rien pourtant ne présageait de la violence. Ceci a été vite interprété comme une provocation supplémentaire. D’autant que les pouvoirs publics ont pour habitude, à la veille d’échéances électorales, d’entrer en contact avec les notables. Alors que ceux-ci sont en total déphasage avec le quotidien et les aspirations des jeunes. C’est très souvent en réaction à ce comportement irresponsable des pouvoirs publics que les jeunes expriment leur rejet de tout ce qui vient des autorités. Le fait d’être considéré comme immature et irresponsable pour avoir besoin d’un tuteur est insupportable à juste titre, d’autant que la région comprend un grand nombre d’universitaires.

De la provocation, donc, mais pas de manipulation ?

Il y a les deux. La provocation et la manipulation sont le fait des tenants du pouvoir. Ceci a commencé bien avant les élections. Les propos insultants de certains membres du staff présidentiel à l’égard des gens n’étaient pas de nature à ramener la sérénité. Bien au contraire. Certaines chaînes de télévision ont fait le reste en diffusant des images intenables.

Pourquoi la région reste-t-elle si sensible ?

Le refus de participer aux joutes électorales est aussi vrai pour toute la région est de la wilaya de Bouira. Ceci s’est vérifié cette fois-ci encore. La région, qui a consenti tant de sacrifices durant la guerre de Libération et qui a été aussi un bastion de la lutte antiterroriste durant les années 1990, n’a bénéficié d’aucun investissement d’envergure en direction notamment des jeunes -emploi ou infrastructures de sport ou de loisirs. Les cybercafés restent la seule occupation. On comprend alors la désaffection des jeunes et de la population en général vis-à-vis des pouvoirs publics. Enfin, Raffour, qui compte parmi les plus grands villages du pays, n’a toujours pas son statut de commune au mépris des critères d’éligibilité au regard du nombre d’habitants ! Ceci rajoute de la frustration.

 
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