Célébration du 34e anniversaire du Printemps berbère. Qu’en est-il de «Tamazight dhi lakul» ? - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Célébration du 34e anniversaire du Printemps berbère. Qu’en est-il de «Tamazight dhi lakul» ?


       


Célébration du 34e anniversaire du Printemps berbère

QU’EN EST-IL DE « TAMAZIGHT DHI LAKUL » ?



© La Dépêche de Kabylie | Dimanche 20 avril 2014
Tassadit TH.


L’enseignement de la langue amazighe à l’école piétine. Et ce n’est sans doute pas les chiffres avancés à chaque rentrée scolaire par la direction de l’éducation qui nous contredira. En effet, pour la rentrée de septembre dernier, la direction de l’éducation s’était félicitée de la généralisation de l’enseignement de Tamazight au niveau des classes de 4ème et 5ème année primaire, ainsi que des celles de 1ère année moyenne. Mais pour les autres classes, tous cycles confondus, il y a encore du chemin à faire.

Les chiffres émis par la même source parlent d’eux même. Les responsables du secteur, à la rentrée des classes écoulée, parlaient de 47 592 élèves des trois paliers ayant accès à l’enseignement de leur langue maternelle. Un chiffre qui ne représente que 22,77% du total des élèves scolarisés, pour l’année scolaire en cours, et dont le nombre annoncé est de 208 981. Au primaire, uniquement, près de 17% des élèves sont concernés, avec 15 605, sur un total d’inscrits de 92 542. Le cycle moyen n’est pas mieux loti, avec seulement 20 890 élèves sur les 71 316 inscrits, soit 29,27%. Au secondaire, c’est un taux de 24,61% qui est de mise, avec 11 097 élèves sur 45.075 inscrits cette année. Ajouter à cela, une irrégularité de l’enseignement de Tamazight au niveau des écoles, à cause, notamment, du caractère non obligatoire qui fait que la matière est facultative dans certaines écoles. Combien sont les élèves pour qui ont bénéficié de l’enseignement de leur langue maternelle au niveau de cycles premier, pour ensuite en être privés dans les paliers supérieurs. D’autres se sont retrouvés avec cette nouvelle matière au programme, sans en être préalablement préparés et n’ont de ce fait aucun autre moyen que celui de recourir à leurs propres moyens pour rattraper le train en marche.  Dans un autre contexte, et malgré le peu d’intérêt accordé à l’enseignement de la langue au niveau de la wilaya, celle-ci est malgré tout classée en première position au niveau national. On imagine mal d’ailleurs la situation de l’enseignement de Tamazigh ailleurs. Et la réalité du terrain a été établie récemment par le Haut commissariat de l’amazighité (HCA). En effet, lors d’une session de l’APW de Tizi-Ouzou, le mois de novembre écoulé, consacré entièrement à l’état des lieux de la langue dans les écoles, un constat des plus amères a été souligné. Il s’agit de la régression de la langue dans les écoles. Ainsi, et après la wilaya de Tizi-Ouzou, seules cinq autres régions du pays, Béjaïa, Bouira, Boumerdès, Sétif et Batna, s’attèlent à sauvegarder cet acquis lourdement payé. Ceci, alors que le nombre de wilayas concernées lors de l’entrée dans le système éducatif de Tamazight, en 1995, était de 16, selon la même source. Les autres wilayas, par contre, accusent une forte régression de l’enseignement de Tamazight si ce n’est son retrait du programme éducatif. On cite d’ailleurs le cas de Biskra, El Bayedh, Ghardaïa, Oran et Tipaza, où elle a été carrément supprimée. Au niveau du HCA, on n’a aucune lueur d’espoir quand au maintien de Tamazight dans les quelques classes de la capitale. En effet, à Alger, de 1 643 apprenants recensés par la HCA en 2006, le chiffre a diminué au fil des années pour arriver à 14 en 2013. Ceci, alors que le nombre global à travers les wilayas concernées en 2013, avait atteint 1 654 enseignants et 234 690 apprenants. Une régression qui ne peut s’expliquer que par le peu d’intérêt alloué à la méthode d’enseignement de cette langue maternelle. Un recrutement d’enseignants insuffisant pour couvrir la demande, mais aussi, il faut l’avouer, une formation peu qualitative de ces derniers. En prévision de la dernière rentrée scolaires (septembre 2013), 41 enseignants avaient été recrutés pour cette spécialité, alors qu'ils ne sont que 945 à assurer son enseignement dans tous les paliers et toutes les écoles de la wilaya. Ajouter à cela, la polémique qui a vu le jour au sujet du caractère opérationnel de la langue. Entre latin, le Tifinagh et l’arabe, aucune option n’a été favorisée. Même si la première semble être la plus privilégiée par les spécialistes. Ce détail, qui a longtemps tenu en haleine les militants de la cause amazighe, a aussi été la cause qui fera que l’on soit passé à côté de l’essentiel, celui de faire en sorte que Tamazight occupe une véritable place parmi les langues enseignées dans les écoles.

 
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