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Prière de l'Absent

Kabylie > Matoub Lounès > 1998
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PRIERE DE L'ABSENT


Vendredi 26 juin 1998
Nadjib STAMBOULI


La musique est veuve et le mandole orphelin: Matoub nous a quittés, emportant avec lui la personnalité la plus haute en couleur du pays. Le crime lâche, yadjouz pour ses assassins intégristes qu'il n'a jamais cessé, par le verbe et par la partition, de combattre, de pourfendre et de mettre à nu pour mieux dévoiler leur face hideuse, obscurantiste et barbare.

«Pour Matoub, la mort est une vieille connaissance; il la côtoyait, la tutoyait et parfois I'interpellait, dans des rixes, sur le billard qui a valu à son corps sursitaire dix-sept interventions chirurgicales ces vingt dernières années, en la soIlicitant comme en Octobre 1988 où il fut grièvement blessé à la jambe, en la bravant comme en 1994, lors de ce kidnapping qui, s'est-on dit alors, a heureusement fait couler plus d'encre que de sang. «Comme Djaout, AIloula, Medjoubi et d'autres artistes et intellectuels, les terroristes intégristes ont ciblé en Matoub Lounès un symbole, un socIe, un dénominateur commun, surtout pour une jeunesse qui se reconnaissait en lui, s'identifiait à lui, en tant qu'incarnation de l'empêcheur de tourner en rond, de l'homme courageux, téméraire même, souvent provocateur, n'ayant aucun sens du risque.

Et s'il lui est arrivé, durant son tumultueux itinéraire de rebelle irrévérencieux et iconoclaste, de changer de position, ou plutôt d'appartenance, rien n'a bougé dans ses choix fondamentaux, à savoir le combat permanent pour les libertés démocratiques, pour la cause de l'amazighité et contre l'intégrisme. «Ses millions d’intimes vivront désormais avec un manque, celui d'un érudit de la métaphore amazigh, d'un virtuose du chaâbi, de cette voix gutturale taillée dans l'olivier, de sa prodigieuse générosité de bon vivant, bref, d'un artiste arguez digne légataire de Slimane Azem. « Par sa vie exemplaire et par sa mort tragique, Matoub Lounès s'inscrit dans la durée, dans une dimension pérenne. Comme il n'a cessé de nous le répéter lors de l'enterrement de Djaout: “Que son sacrifice ne soit pas vain. La fidélité à la mémoire est la meilleure condoléance. »

 
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