Béjaïa. Plusieurs acteurs veulent sa réappropriation - Site perso de Mohamed ZIANE-KHODJA

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Béjaïa. Plusieurs acteurs veulent sa réappropriation


       


Béjaïa

PLUSIEURS ACTEURS VEULENT SA REAPPROPRIATION



© Liberté | Dimanche 20 avril 2014 | 09:50
M. OUYOUGOUTE


La rue de Béjaïa sera, à nouveau, investie à l’occasion de la célébration du 20 Avril 1980 dont on commémorera cette année le 34e anniversaire.

Une marche, unique, à l’appel de plusieurs acteurs. Même itinéraire, mais avec des objectifs diamétralement différents. Explication. Aux côtés des anciens militants du Mouvement culturel berbère, à leur tête Saïd Khelil, Malika Baraka, etc., qui se sont réunis à Tighremt à l’ouest de Béjaïa et appelé à une marche pacifique, il y aura des militants du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) et du RCD de Mohcen Belalbas. Aussi, chacun est censé organiser son carré et porter ses banderoles, propres, même si, dans l’absolu, tout le monde scandera : "Tamazight langue officielle" ; "Nous sommes Berbères de la tête aux pieds".

Toutefois, pour les militants du MAK, la marche du 20 avril, qui survient au lendemain d’une élection contestée, vise deux objectifs : "Rejeter les élections et leurs résultats ; exiger le droit à l’autodétermination du peuple kabyle." Au RCD, on espère surtout rester sur la même dynamique, marquée par les succès des marches initiées dans les rues de Kabylie et de rebondir dans cette même région en prévision de son agenda en tant qu’acteur incontournable de la Coordination nationale de boycott. L’abstention étant trop forte en Kabylie. Pour les anciens acteurs du MCB, qui ont appelé à une marche pacifique dans les rues de Kabylie en général, cette date, le 20 avril en l’occurrence, est un acte fondateur de la conscience berbère, un processus qui est loin d’être abouti. Pour Saïd Khelil, on est dans le cas de "concessions contrôlées", qui font que l’amazighité, qui est le socle identitaire de l’Algérie, demeure "toujours marginalisée" et n’occupe pas encore la place qui devrait être la sienne. C’est la raison pour laquelle leur appel se voulait rassembleur et il était adressé à tous les militants de la mouvance amazighe, sans exclusion. Le 20 avril est aussi une date qui a permis à plusieurs générations de prendre conscience sur le fait, par exemple, que la question identitaire reste entière et ne peut être résolue que dans le cadre d’une lutte pour tous les droits démocratiques.

Aussi, pour se réapproprier cette date du 20 avril, les initiateurs des marches dans toute la Kabylie, Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa, appellent à une présence massive à ces marches commémoratives, qui seront suivies de haltes de recueillement à la mémoire des martyrs de la cause amazighe de la crise berbériste de 1949 jusqu’aux événements sanglants de 2001. Une occasion, en outre, de réaffirmer leur attachement aux valeurs d’Avril 1980 à travers la reconnaissance de l’identité et de la culture amazighes et le respect des libertés démocratiques.

 
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